mardi 29 mai 2007

D'une pie volage lovée dans le sonnet d'Oronte. 2001.

Lissant le plumage
De son verbiage
La pie
Pépie
Tandis qu’en écho
Les pies pépient .
Elle ignore, la pie
La solitude
Partenaire
Qui dans le partage,
Griffe le ratage,
Se cogne aux barrages,
Y laisse une plume
Pour En un cri s’écrire
. Mais la pie n’en a cure
. Elle pépie, la pie, Toute jacasserie,
A coup de dés
Pipés.
N. Combet

D'ailleurs. D'après une esquisse de G.Klimt.2001.

Debout et recueillie
Inclinée
En son visage clos
Femme grise, grisée
De quelle ivresse blanche
De mots perdus
Et poursuivis
Esquisse
Qui est-ce ?
Sur quel esquif déjà ?
Quel bateau de papier ?
Tellement loin dedans
Qu’on pourrait dire, aussi bien, dehors
Très loin en son absence
Et si l’on croise
Ses mots d’ici
Et leur présence d’ambre,
En même temps l’on sait
Qu’elle est d’abord d’ailleurs. n.c.

mercredi 23 mai 2007

Rafles.2007.

Pierrot, le fol,
Jouait Colombine, aux dominos, avec le diable.
Double zéro.


Des pigeons s’enfuirent
A toutes ailes
Effarées
Vers Noland.

Là-haut, la banquise
Fondait
Comme effeuillée
La marguerite
Pas du tout.

Le diable avait raflé Colombine,
Ne restaient sur terre
Que vignes mortes.
Des pluies noires rongèrent les corps.
Les phasmes mouraient
Loin de leur tige
Et les phantasmes
Avaient délaissé le désir.

Le cœur du monde
Avait été
Expectoré.

Reviendrait, dans longtemps demain,
Un Orient
De la douce vague des moutons,
Comme affluents
Dévalant la montagne
Et la note
Tintinnabulante,en solstice majeur,
Des clarines,
A flanc de coteau ;
Les sources vives ;
Et l’étreinte lactée des corps

Poussières d’étoiles
Emargeant le verbe
Sous la tonnelle,
Au creux du poèmevendangeur
Egrappant,
Dans le passé,
En zoom arrière,
Rafles intemporelles,
Fruits gorgés de jus
Au terme de la nuit des temps.
Noëlle Combet.

vendredi 18 mai 2007

Grain d'humanité. 2007.

Humanité indiscutable
Comme couleur rouge,
Poinçon à même la peau du vivant,
Eaux jaillies en cascades, de source rocheuse,
Humanité batailleuse,
Vers la liberté
Et/mais aussi
La prédation, le meurtre, le saccage,
Archaïsme et culture non démêlés,
Assemblés en tapis de fils contrastés
Lave incendiaire
Et/ou joie des champs de blés,
Quand les cigales stridulent l’été,
Battement des mots éprouvés
Au vol ombreux des mésanges grisées de ciel,
Humanité coquelicot
Des amours et des étreintes
Des échanges de vin partagé.
Tu es un grain
De cette humanité mêlée
Battue des fléaux, passée au tamis,féale De l’expérience,
Et, le soir, encore au seuil
De tes images, de ta mémoire et de tes lèvres,
Tu trembles
De désir et de peur,
Dans cette humanité
Indiscutable comme
Couleur rouge
Indiscutable et vive argent
Entre terreur et
Commencements.

Noëlle Combet.