mardi 26 juin 2007

Interférence n° 2.

Quand la pensée s’oxyde, le paysage s’endeuille, vert de grisé, dans un dérobement de la représentation : s’y abandonner, sans effroi ni impatience…L’image vide laisse attendre, encore suspendu, silence mélodique, l’au-delà des défleurissements.

n.c.

dimanche 24 juin 2007

Bâtons rompus n°2

N. C. : Dans une « Conversation avec Carlos Oliveira », en 1996, Peter Sloterdijk aborde la question de la guerre du léger contre le lourd traditionnellement identique, dit-il, à la guerre de la gauche contre la droite.
Du côté de la gauche, l’axiome serait : tout ce qui est lourd est inhumain, d’où un projet visant au soulagement, tandis que, pour la droite, le monde est lourd et il y a lieu de définir des limites du soulagement.
Selon lui, cette dichotomie serait en train de s’inverser, mais cette « guerre » concerne, dit-il, chaque individu : « Tu as en toi quelques divisions de soldats du soulagement et quelques sections d’objecteurs pesants ».
Il affirme ensuite l’existence possible d’un compromis : « autant de soulagement que possible, autant de conscience tragique que nécessaire ».

Il me semble qu’avec ce compromis qu’il nous propose, nous restons dans un système binaire que seul l’élément quantitatif viendrait pondérer…Je me demande si quelque « diagonale du milieu » ne pourrait, là, intervenir et quelle figure topologique pourrait illustrer une nouvelle distribution des champs.


N. M. : Si l’on pense à la physique, c’est l’image du « trou noir » qui m’apparaît, l’antimatière….
Mais alors, la question disparaît du même coup.


N. C. : Est-ce que du vide ne pourrait être envisagé comme (in)consistance interstitielle, « vide médian », pour emprunter à la sagesse chinoise ?


N. M. : ça me fait penser aux mystiques. C’est vrai qu’ils disent aussi que le vide n’est pas rien.
Est-ce que l’on ne pourrait pas faire intervenir, là aussi, la couleur ? La couleur n’est pas matérielle.

L'heur(t) du zest.2007. et écho au commentaire

Terme…
Naissance, mort et nom
De peau
Et de mot.
 Il n’est pas thème
Qui
Manquant d’r,
Enclôt dans son champ,
Chèvre
Au piquet
Arrimée.
Texte dérimé…
Visages dégrimés…
Et si je t’rme,
Ne prends pas garde à toi.
Viens dans mon hameau
De formes
Renversées,
De chimères
En syntaxes
Brisées
De rébellions
A l’endroit des lions
Métamorphosés
En zestes de citrons,
Points d’épingles jaunes
En surface de fraises,
Et pour la grâce du zeste,
Jouons avec les sons
Râpons,
Mêlons
Goûtons,
Pépites De Rap
Qui,
Sous la langue
Eclatent
Inondant
D’un jus doux amer
Les papilles.
Saveur de rêve
Et poésie.
Comme grains de grenades,
Faisant aussi
Explosions meurtrières,
Démences décretueuses
De vies ;
Culture saignée
Sous-bois éventrés
Charniers Sur lesquels
Ahanent,
Folies serviles,
Théories décharnées
De criquets fossoyeurs
Blêmes.
Urgence de penser
Misères et folies
D’humanité
Résister
Et/ou
Déserter,
Ha
Leine per
Due.
D’or, quel mot dirait
Ce mot-là,
Grain de sésame
Blond
A ouvrir le monde
Par
L’orient ?
Vient ce temps
Où le mot
A l’arrière du nom
Qui l’appelle et le hèle,
D’un seul coup,
N’est plus.

N.C.

En écho au commentaire de "L'heur(t) du zest"

Ce matin-là, un arôme subtil, un brin "amangoureux", s'invita en "Palais Royal".

mardi 19 juin 2007

Interférence n° 1. et réponse au commentaire.

Intentionnel, le Bien est ennemi de lui- même et produit donc le Mal.
Peut-il y avoir B autre qu’accidentel, comme par inadvertance, par une sorte de disposition détachée ?

n.c.

A Maldo : sur le commentaire de "Interférence n°1"

Oui, certes, cette sorte de Bien et le Beau peuvent être "bel et bien" rapprochés...à condition que le Beau ne soit pas pure esthétisation, que sa quête soit de l'ordre d'une expérience, d'un "exercice".

mardi 12 juin 2007

Bâtons rompus n°1.

N.C.: Une déferlante d'événementiel est venue comme surcreuser, redoubler, le sillon de l'absence...Perdre toujours plus est-il possible?

P. P.: Perdre plus pourrait être, dans cette dynamique, une manière d'oublier qu'une force de vie te donne droit à l'oubli après avoir convoqué tant de mémoire et mémoires.
Il me semble que cette idée de "droit à l'oubli" a sa place dans tout celà de notre, de nos générations.

Défilage.2007.

Hors sujet devenue
Tu vas disparue
En mémoire enneigée
De mots exemptés
Et d’histoire perdue.
Quels sont-ils ceux-là
Anciens figurants
En les yeux de qui
Tu t’es vue noyée
Ces jours-là
De la disjonction Des ponts ?
Tes souvenirs colombes,
Pattes brisées,
Boitent dans les lointains.
Ne restent plus
Qu’archipels immergés
Dans la mer trop bleue
Sous le ciel trop blanc
D’un pays déserté.
Et des ombres flottent,
Fantômes charnels.
Deux pas hésitants
Au-delà du seuil
Et l’arbre, là bas,
Ainsi qu’un rappel
Très énigmatique
Amical hostile
. Mais quel arbre était-ce
Si c’en était un
Cette forme obscure,
De toi inconnue ?
Tout soudain s’efface
Tu n’es plus au monde
Tu t’es, avant l’heure,
Dérobée.
c.n.

Haïkus1. 2005,2006 et 2007.

Feuilles d’oiseaux
Dans l’écheveau du figuier
De confitures en confitures filaient les étés
Tandis que le long des hivers en jonchées
Se dispersaient nos vies.



La croisée s’élargit
De rideau blanc à lagerstroemia rouge
Jusqu’au vol ambré du papillon
Qui balance
Entre fleurs prochaines
Et ciel lointain.





Araignée blanche des éclairs
Dans ce ciel d’orage
Araignée pourpre du cœur
Dans ce corps de l’homme
Entre corps et ciel
Lumière Arachnéenne.


Combet Noëlle.