dimanche 24 juin 2007

Bâtons rompus n°2

N. C. : Dans une « Conversation avec Carlos Oliveira », en 1996, Peter Sloterdijk aborde la question de la guerre du léger contre le lourd traditionnellement identique, dit-il, à la guerre de la gauche contre la droite.
Du côté de la gauche, l’axiome serait : tout ce qui est lourd est inhumain, d’où un projet visant au soulagement, tandis que, pour la droite, le monde est lourd et il y a lieu de définir des limites du soulagement.
Selon lui, cette dichotomie serait en train de s’inverser, mais cette « guerre » concerne, dit-il, chaque individu : « Tu as en toi quelques divisions de soldats du soulagement et quelques sections d’objecteurs pesants ».
Il affirme ensuite l’existence possible d’un compromis : « autant de soulagement que possible, autant de conscience tragique que nécessaire ».

Il me semble qu’avec ce compromis qu’il nous propose, nous restons dans un système binaire que seul l’élément quantitatif viendrait pondérer…Je me demande si quelque « diagonale du milieu » ne pourrait, là, intervenir et quelle figure topologique pourrait illustrer une nouvelle distribution des champs.


N. M. : Si l’on pense à la physique, c’est l’image du « trou noir » qui m’apparaît, l’antimatière….
Mais alors, la question disparaît du même coup.


N. C. : Est-ce que du vide ne pourrait être envisagé comme (in)consistance interstitielle, « vide médian », pour emprunter à la sagesse chinoise ?


N. M. : ça me fait penser aux mystiques. C’est vrai qu’ils disent aussi que le vide n’est pas rien.
Est-ce que l’on ne pourrait pas faire intervenir, là aussi, la couleur ? La couleur n’est pas matérielle.

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