mardi 3 juillet 2007

Ma ronronneuse

Ma ronronneuse
Gît
Etendue
Sous la terre du grand chêne.
Ne se roulera plus
Dans le soleil.
Ne m’accompagnera plus,
Course folle,
Dans les herbes,
Elan soudain arrêté net
Par une odeur,
A humer, là,
Et à gratter ;
Puis repris
Dans un bond,
Jusqu’à la cime
Du grand arbre,
Là où mêler son regard bleu
A celui du ciel,
Et m’observer
Masque de panda
Encore accroché au feuillage.
A reculons redescendue,
Ne dispersera plus
Mes journaux, mes papiers,
Pour, bélier devenue,
M’assaillir, front contre front,
Puis me couver,
L’air soucieux,
De ses yeux graves,
Me caresser
De son parfum
Improbable,
Comme une essence
De fourrure impalpable,
Une transparence
Profonde.
S’en est allée
La ronronneuse,
Dernier ronron,
Jusqu’à mon panthéon portatif,
D’absences chères
(Des)incarnées,
Chair intérieure,
Doublure intime
De ma pensée.
Noëlle Combet

2 commentaires:

Anonyme a dit…

Très beau poème :)

Noëlle Combet a dit…

Merci anonyme pour cette émotion partagée:)en retour.