mardi 25 septembre 2007

dimanche 23 septembre 2007

Encore l'été.

Sur tes cheveux
Les décrets
Du vent.
Le soleil enroulé
Autour des pores
De ta peau.
Dans l’encoignure
Une araignée
Arpente le monde
Sur des rails Etoilés.
N.C.

mercredi 19 septembre 2007

Effacement.

Doigts en éventail
Ouverts au souffle ;
Au retrait du jour,
Doigts refermés
D’un claquement.
Compagnon des insomnies
Le déceptif
Se jouait des nuages
Captivant
Ses poursuivants.
Le rythme
S’était effiloché
Au chant du coq.
Dans la forêt
Les flaches
Noyeuses
De Rien.
Possibilité
Inépuisable
Des fuites
Dans la légèreté
Inouïe
Des cendres
Ombreuses
Des traces,
Ouvreuses des feuillets
De l’air.
N.C.

mardi 11 septembre 2007

Maintenant.


La bergeronnette, jouant du ressort de ses pattes grêles, pique quelques graines, entre les herbes. Sa queue scande le temps. Au hasard, on dirait qu’elle sait où elle va.
Sur le tronc du chêne, tête en bas, le pivert travaille en cadence.
Un papillon esquisse dans l’air, des volutes jaunes.
Les figues, cette année, répondent lentement au soleil de l’automne.

n.c.



Incertitudes.

La bouche de l’aimé
Comme un fruit
Insolite et âpre ;
Un vol de martinets
Gothiques
Et puis la paix d’un soir.
Les billes roulaient sur l’asphalte
Mesurant leurs couleurs
Aux mouvances des ciels.
Du verre Brisé
Des doigts fait jaillir le sang.
Il recouvre la terre
De jacinthes abstraites.
Un train
Qui passe
Efface
L’espace.
Contre le mur de neige,
La clématite,
Noire de soleil
Danse l’ombre violette
Des incertitudes.
Noëlle Combet.

samedi 8 septembre 2007

Matin

L’oiseau blanc,
Qui, sautillant sur la table,
Près de moi,
Accompagnait mes repas,
Je l’ai,
Ce matin,
Relevé de sa garde,
Et lâché,
Envolé,
Dans l’espace.

N.C.


N.C.

mardi 4 septembre 2007

Nietzsche et l'"amor fati" : acquiescement.


Jusque là, j’étais restée rétive à la notion d’ « éternel retour », tel que Nietzsche l’énonce.
J’étais pourtant réceptive à la poignante justesse de l’aphorisme lacanien : « Le Réel, c’est ce qui revient toujours à la même place. » Mais il me paraissait moins lourd de fatalité que l’idée nietzschéenne…Jusqu’à ce que je retombe sur un extrait du « Gai Savoir ». Il serait plus juste de dire que ce passage m’est tombé dessus, car, le rencontrant dans le passé, je l’avais, d’une lecture hâtive, congédié. Mais il est revenu…À la même place ?
« Et si,…un démon te disait, « cette existence que tu mènes…il te faudra la recommencer et la recommencer sans cesse ; sans rien de nouveau : la moindre douleur, le moindre plaisir, la moindre pensée, le moindre soupir…tout reviendra et reviendra dans le même ordre, suivant la même impitoyable succession…L’éternel sablier de la vie sera retourné sans répit, et toi avec, poussière infime des poussières !.. ».Ne te jetterais-tu pas à terre, grinçant des dents et maudissant ce démon ? A moins que tu n’aies déjà vécu un instant prodigieux où tu lui répondrais « Tu es un dieu ; je n’ai jamais ouï parole aussi divine ! »…
Comme il faudrait que tu l’aimes toi-même la vie pour ne plus désirer autre chose que cette suprême et éternelle confirmation. »
La dernière phrase est l’expression de cet « amor fati » que Nietzsche aborde à plusieurs reprises, traduit par amour du destin, amour de la nécessité, amour du devenir.
Il s’en dégage que vaut de revenir éternellement ce qui reste en souffrance, dans l’insatisfaction, le ratage, le déplaisir. Nécessité de reprise en laquelle la force créatrice (autre nom de la volonté, toutes nos volontés se réunissant pour Nietzsche dans la « volonté de puissance ») ne pourra que se briser à nouveau…se reprendre à nouveau etc.…
Désir donc de se dépasser en devenant… en toute insécurité : « La vie tend à la sensation d’un maximum de puissance, sa réalité la plus profonde, la plus intime, c’est ce vouloir ». Cet « éternel retour », Nietzsche le circonscrit dans une succession temporelle et un champ des phénomènes auquel la pensée semble, pour lui, dans ce passage, rester annexée : « tout reviendra et reviendra dans le même ordre, suivant la même impitoyable succession… »
Des sentiments, des désirs, des blessures nous qualifient et font retour, éternellement, dans notre présent, pris entre deux infinis, celui dont nous provenons, celui vers lequel nous nous dirigeons et qui nous sont inconnaissables. A cette réalité il paraît vital d’acquiescer.
La pensée est-elle toute incluse dans ce champ ?
Ne peut-on imaginer un axe intermédiaire, une oblicité, une modulation traversière dont userait la pensée, lorsque, non intentionnelle, évasive et vagabonde, elle emprunte ces « chemins qui ne mènent nulle part » selon l’expression de Heidegger ?
L’activité de penser peut se trouver en effet à l’écart du champ des phénomènes, se vivre dans une atemporalité qui dessine des intervalles et une forme de sensorialité en laquelle « douleur, plaisir, soupir », se dilueraient, se retraçant, sensorialité diffuse, intéressant les sens, comme l’ombre d’un souffle autour des oreilles, de la bouche, de la peau…Accès à l’ « Ouvert ».
Elle pourrait inscrire aussi, alors, un retrait, une absence et permettrait d’approcher un vide ou un néant qui ne seraient pas ceux d’avant nous ni d’après ; une sorte de « fond indifférencié des choses » tel que l’évoque le « Tchouang Tseu ». Une forme singulière du nihilisme ?
La pensée serait, ponctuellement, dans une « gratuité », variation quant à l’« éternel retour » quand bien même celui-ci appelle, dans notre quotidienneté existentielle, notre assentiment ;
mais avec les nuances que suggère Nietzsche lui-même : ainsi, s’il y a un « retour » de Dionysos dans son œuvre, ce n’est pas sous la forme d’une foi, mais d’un trope : détournement ; n’est-ce pas à de telles voltes que nous invite son élaboration d’un
« vouloir » créateur ? A nous laisser modeler par les forces qui façonnent et refondent nos singularités et nos échanges?
Noëlle Combet.