dimanche 28 octobre 2007

Interférence n° 6 :"Qui commence à obéir, n'en finira jamais". Tchouang Tseu.

L’amour, réduit à la consistance narcissique - se vouloir aimé, donc, s’aimer en l’autre - invite à la « servitude volontaire » selon deux modes : soit l’on se trouve assigné au silence, l’on se croit obligé de « ne pas l’ouvrir », donc de ne pas donner corps à ses refus ou à son éthique, soit l’on se laisse devenir « créature » d’un autre dont il faudrait imaginairement, voire concrètement, réaliser les desseins.
L’on obéit ; et ainsi commence la fabrique des pires oppresseurs, ceux par lesquels consent à se laisser capter un amour asservi.
Une issue ? Un goût de la vie si intense que l’amour ne serait que la joie de l’ex istence d’un(e) autre. Le lien, alors, ne se revendique pas, et quand de l’échange ne trouve pas son espace, aucune révolte ne vient protester contre la déception.
D' abord intransigeant, l'amour devient intransitif. Alors naît la liberté de se "prononcer".
Cette joie n’est pas donnée d’emblée. On l’espère, on la prie longtemps avant de la rencontrer ; et puis, un jour, la voilà. Ce qui se tisse dans le fil de la vie au gré de la rencontre avec les autres, leurs sensibilités et vérités singulières contribue à son « apparition » … Reste à la préserver, herbe d’une variété exceptionnelle et fragile.
La joie prend la relève des chutes et des pleurs et cet amour s’inspire comme l’odeur des fleurs.

Noêlle Combet.

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