mardi 26 février 2008

Sanguine.


Taurine, la nuit

Foulait au galop

Herbages du ciel.

Dans l’hésitation

Des aubes lactées,

Nous lancions très loin

Dés de nos hasards

Entre saveur et savoir.

Nous pourchassions

Au-dessus des toits

La nuit étrécie,

Egorgée

Dans le taurobole.

Nous étions nus,

De sang arrosés

Et les aurores,

Aventure perdue d’avance,

Nous assignaient au vivant.

Clameur

Des champs de guerre

Nous assourdissait

Et nous échappions

En silences profonds.

Bonheurs convenus,

Rires obligés,

Tyrannie

Des nouveaux chiffres

Creusaient nos écarts :

Plaisirs étirés,

Nous lapions

A petits coups légers,

Roucoulis de langue,

Bribes de la joie,

Dans les interstices ;

Et fêtions de nuit

Taureaux obscurcis

En immensité.

Entre savoir et saveur,

Nous retournerions,

En menues foulées

Vers la nuit taurine

Des transmutations.

No Co.


mercredi 20 février 2008

Passée....Commentaire de Paule Pérez.


Une roue traversière

S’écarte

En passée forestière

De la doctrine aux longs couteaux.

La lyre a fait plier

Les dieux obscurs.

Essaims d’oiseaux

Dans les arbres

Fait tissu froissé

Du bourdonnement ailé de l’abeille

Au romarin.

La rose se déclot

Par inadvertance,

Sans cause.

Au seuil de la nuit

Hésitent les lucioles.

Bombardiers en rase motte

Petits pères du peuple,

Grands Timoniers,

Guides hallucinés

De fureur,

Démocrates inassouvis,

Se font génération spontanée

Du suffrage pseudo universel.

Et nous continuons,

En aveugles,

A espérer le leurre des idoles

Sous la tyrannie du chiffre

Et des calculs

Faiseurs de bile.

Là bas, le poème

Se porte à la rencontre

De l’élan migrateur

D’oiseaux multipliés

Et de mots évidés

Que souffle l’instant

Trouant d’étincelles

Les haillons du temps.

N.C.



Commentaire de Paule Pérez


Ce poème est vraiment très beau et renferme plein de messages, entre lyre et longs couteaux, mais aussi il est d'actualité avec la déclaration de Fidel Castro.

Par ailleurs il y a aussi cette image d'étincelles. Dans le Zohar, à propos de la création du monde, quand Dieu se rétracte par le tsimtsoum, il fait passer sa lumière, son énergie, et comme celle-ci est trop forte les choses se brisent. Alors il recommence (après cette sorte de "brouillon") et les 10 séphirots (idées, valeurs, ..) se constituent avec des "vases" pour recevoir la lumière mais certaines sont assez fragiles et leurs vases se brisent et alors ne subsistent que des "étincelles" de la lumière divine, des "éclats".

jeudi 7 février 2008

Entre.


Tout au fond,

rires et larmes

Et,

Entre,

L’un(e),

Comme sans importance.

Qui peut dire le poids de la vie ?

Les grappes des cytises

Ombrant l’amour,

De leur senteur,

Les pleurs du saule

Dans les défaites

D’humanité,

Et,

Entre,

L’autre,

Comme sans importance.

Entre :

L’impondérable

D’une poignée

De cendres.

N.Co.