jeudi 24 avril 2008

la naine rouge, la géante, la filante, l'ourse grande et la petite, la morte, l'éloignée
la solaire, celle du nord, du sud, la matutine, l'effondrée, la bonne, la mauvaise
la bleue froide
l'hésitante
celle qui naît, sous laquelle je suis née,
l'obscure, la dissimulée
les myriades bleues et les jaunes, les clignotantes et les fixes comme des yeux d'oiseaux
les poussières, les poussives, les éteintes, les allumées
celles qui se couchent lorsque je me lève,
l'étoile du berger, le troupeau sans les moutons
celles qui tendent le ciel noir des grandes nuits d'été
celles que je regardais couchée sur le dos dans l'herbe froide saisie de vertige d'angoisse et d'amour j'avais dix ans quinze vingt ans
celles qui font lever le désir,
toutes celles qui creusent le désir,
toutes de l'univers universel si haut si large et tellement plat
celles de l'infini sans fin si long à finir et dont la queue retombe là-bas quelque part,
TOUTES, TOUTES en ce jour de mon soixante deuxième anniversaire se TAISENT
(18 octobre 2005)

(post scriptum : encore aujourd'hui elles sont muettes)


Nadine Meyran.


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