lundi 30 juin 2008

L’improbable descendance du philosophe de la transcendance : "La vie sexuelle d'Emmanuel Kant" selon "Botul"


Je signale un texte étonnant, de Jean-Baptiste Botul, "La vie sexuelle d'Emmanuel Kant", écrit en 1946 mais stupéfiant d'actualité, d'intelligence et de finesse. Je me suis convaincue que c'est ce qui a servi à Jacques Lacan pour ses développements sur Kant et peut-être même de Kant avec Sade. Tout y est : "das Ding", ou quasiment le "noumène" vu comme la Vérité invisible du Sexe, la démonstration que l'"obscène" est une des formes du "sublime", l'examen de l'état philosophique comme une "mélancolie" faisant alternative à toute activité "sexuelle" des philosophes qui "se reproduisent entre eux" (donc en prime un petit avant-goût de l’analyse des « Héritiers » de Bourdieu!)...En fait bien davantage, me semble-t-il, que Lacan n'en dit, de Kant, ici ou là.
L'auteur a présenté son analyse devant une communauté d'Allemands admirateurs de Kant, au Paraguay : une centaine de familles , qui y avaient fondé juste après la guerre, après la prise de Könisgberg par l'Armée rouge, "la Nueva Königsberg". Ils y vivaient à la manière de Kant, cela fait penser à l'anachronisme des juifs hassidiques rencontrés à Brooklyn, des Hamish ou des Mormons.
Frédéric Pagès (philosophe) a fait une excellente présentation, avec un appareil de notes averti, et je suppose qu'il doit être à l'origine de la publication. Cet ouvrage est sorti chez Mille et une pages, en 2000. Qu'importe : jubiler en retard, c'est aussi jubiler!


Paule Pérez



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