mardi 14 octobre 2008

SALE JOUR
CADAVRE BLANC ET VIOLET LES MAINS DRESSÉES ENSACHÉES DE PAPIER BRUN - TOMBÉ DES NUES DEMI NU SUR LE MARBRE - JEUNE HOMME MORT SUR LE CARREAU EN CHAUSSETTES ET CALEÇON - LA TÊTE DÉPOSÉE DANS L'ÉCLATANTE ÉCLABOUSSURE ROUGE SANG NOIR ÉPAIS - VIOLENTE AURÉOLE POUR UN GISANT JETÉ DU CIEL SUR MON PASSAGE - LA FACE BLEUE TENDUE ENCORE VERS LE FIL DE SA
CHUTE - LES YEUX FENDUS SUR LE VIDE NACRÉ DE L'OEIL - LE VISAGE MARQUÉ COMME UNE PÂTE MOLLE PAR L'EMPREINTE PROFONDE DE LARGES COUPS DE POUCE
LE SILENCE ET LE FROID GÈLENT UN MOT SUR LA BOUCHE

N.M. 14/10/08


Choc.


La malencontre de N.M. ce 5 octobre (voir ci-dessous), parle d’angoisse.
Image obstacle sur la trajectoire de ce matin-là ; quelque chose se révèle, d’une toute puissance, d’une toute violence pétrifiante : ultime apparition fantomatique, onirique, horrifiante et surréelle, de ce corps jeune, déchu de la vie.
Les mains dressées comme des rameaux morts esquissent à la fois la chute et le néant.

Nous voilà face à l’horreur pure, non déguisée, d’une disparition tout à coup incarnée, car ces mains mortes nous touchent, nous étreignent; ces yeux noyés dans le sang nous regardent tachant notre rétine de blancs, rouges, violets; cette bouche sans mots nous parle…
Nous en restons, à notre tour figés, orphelins sidérés par l’irruption d’une image implacablement orpheline.

N.C



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