jeudi 27 novembre 2008

Le jour où j'ai dit : INTRUSION!



Toi, l’intrus (e), l’autre, tu es rentré (e) dans mon champ, innocemment, sans crier gare.
T’ex-truderai-je, pour cette impudence ?
Il me faut péniblement penser que l’intrusion est un indice fort de l’altérité, un accent rude.
Tu m’affoles, tu m’expropries de mon espace privé.
Y aurait-il échange sans cette ex-propriation ?Ce texte, fait suite à l' interprétation d'une de mes approches, qualifiée d'"intrusion" par un autre à la place duquel j'ai, dans cette écriture, voulu me mettre, lui prêtant ma voix pour tenter de comprendre de l'intérieur et interroger ses raisons qui me restaient obscures mais il y avait ce sentiment que "je" et "tu" sont peut-être indiscernables l'un de l'autre dans ces situations qui impliquent un insupportable.
Y aurait-il sans l’intrusion, un lien de toi à moi ?
L’impact de cette irruption, me projetant hors de moi, provoque, à la lettre une ex-tase dont je me défie parce que, assurément, je la re-connais : en partie à mon insu, cette extase a toujours été déjà là depuis les premiers temps, ceux en lesquels l’Autre me capturant dans un ravissement, je ne pouvais m’appartenir si tant est que cela ait pu se produire par la suite ; car tu empêchera(s) toujours cette auto appropriation et je vivra (i) l’ex-tase, ou bien dans le hors lien de la solitude, ou bien dans le hors de soi de la colère quand celui du partage douloureux et/ou contradictoirement heureux ne peut se produire.
Force m’est de constater qu’entre je et tu, les histoires intimes, intellectuelles, sociales qui se (dé)jouent pivotent souvent,- si les mots ne sont plus que réflexes corporels, comme le jour où j’ai dit : intrusion ! - autour de cet axe d’une ex-tase duplice entre dévoration et excrétion.
Où et comment cultiver une terre métisse pour tempérer ce binarisme lorsqu’il survient ?
Se pourrait-il que l’en-stase soit de nature à représenter un tel espace, une réserve, un suspens temporel, une vacuité ?
L’intrusion y serait-elle transformée, trans-formulée en approche feutrée, à tout petits pas de colombe ?
Noëlle Combet.


Ce texte, fait suite à l' interprétation d'une de mes approches, qualifiée d'"intrusion" par un autre à la place duquel j'ai, dans cette écriture, voulu me mettre, lui prêtant ma voix pour tenter de comprendre de l'intérieur et interroger ses raisons qui me restaient obscures mais il y avait ce sentiment que "je" et "tu" sont peut-être indiscernables l'un de l'autre dans ces situations qui impliquent un insupportable.




mercredi 19 novembre 2008

Mûres.



Doigts écorchés aux buissons,

rôdeuse aux mains noircies,

d’encres ou fruits baveuses,

tu marivaudes.

moissons de pleins et déliés,

brassées de fruits ;

tu te gaves

et en offres

à qui en veut ou

s’en détourne.

Farandole des sensations

qui tournent allant venant

puis disparaissent

virevoltant ;

douces vandales,

poupées russes enfouies au creux du creux des lettres ;

lèvres fleurissent rouges au blanc de l’orchidée,

roucoulent tourterelles dans les micocouliers

tandis qu’aux griffes des ronciers,

tu t’exténues à marauder

la noirceur épuisée

au goût grenu des baies

dont les encres sépia font la pulpe des mots



N.C.

mercredi 12 novembre 2008

7.

De cèdre et de cade,

une senteur poivrée subtilement diffuse-

ainsi vont les heures.



noco.


vendredi 7 novembre 2008

Une histoire.




Tessiture

douce et râpeuse

de la feuille

langue de chat,

eau de rosée

fondante

sur nos doigts léchés ;

soleils d’ébène

de toi à moi

et la rengaine

qui se dégaine et ne revient pas.

Des ancolies

Tressent mes cheveux

Au désespoir des je veux et pas ;

Vieilles romances

et vieilles lunes

n’en finissent pas

de s’étirer

au pas à pas

des marque-pages.

Sous la bourrasque, feuillets en essaims se sont évanouis :

Blanche inhumation du livre effacé

rappelant la feuille à sa nouveauté

d’une tessiture de douceur pelée

N.C.