mardi 31 mars 2009

sans titre

fleuve frisé mat acier pâle

trois avions jetés en traits blancs au ciel bleu

mauve la rive

toitures cheminées clochers écharpés de rayons rouges

contre-jour violent où fuit une mouette

mes pieds mes jambes mes bras mes mains

provisoires

mon regard dont il ne reste pas trace

ma constance

il y avait ce vent et le soleil bas aveugle

une couleur de chair réveillée teignait les pierres

l’éternité se donnait en passant

une fillette en jouant tombait / cris et pleurs /

rien ne semblait plus vivant

ma marche longeait le fleuve et le retenait

j’écartais du naufrage l’autre bord

les immeubles les routes les voitures basculaient en arrière

je me tenais au bord du gouffre

appliquée à l’équilibre

je courus vers le point de fuite / je touchai le fond de la toile /

derrière y aurait-il le maître ?

1 commentaire:

Noëlle Combet a dit…

J'aime, dans ce poème que les traits se composent en formes, couleurs, envols, effacements et que le rythme accompagne leurs métamorphoses.
N.C.