mardi 26 mai 2009

Sans titre.


De Nadine Meyran.

demain
sera présent comme une absence qui manquerait toujours
je le croiserai
tous les mots seront vrais
muets et silencieux

dehors des trouées noires ravageront les façades
je reviendrai seule et pesante
retenue à mourir
défoncée comme un champ
je questionnerai l’intime attente
il sera dit qu’il n’y a pas de faim qu’il n’y a pas de noces
sans place vide
que les photos témoignent toutes des vues de l’esprit
que s’écroule la force des évidences
que la vérité cherche

je porterai indélébile et légère comme une brûlure dans ma paume
l’empreinte d’une vie tenue serrée un instant



Nadine Meyran
26 mai 2009

2 commentaires:

Noëlle Combet a dit…

Nadine, naturellement, ce poème me va droit au coeur : j'y vois dans les trous noirs ce "Cri" de Munch dont il fut aussi question, il y a peu.
J'adhère à cette fonction du vide qui creuse les faims et les noces, et aussi les fins de cette vie que sa brûlure consume.

v.l. a dit…

La poésie des mots (dans le double sens des mots) ne peut être qu'une poésie qui dit dans le silence des mots. Et ici, c'est vraiment très beau, vraiment. D'autant plus sensiblement pour moi, qu'aujourd'hui même, sur le pas d'une porte des mots voisine, j'inscrivais : 'Douce astreinte de faire taire ses propres mots afin d'en bannir toute blessure.' Merci pour cette vraie poésie de(s) mots.