Gerbes d’oiseaux jaseurs
jaillissent,
la fontaine s’ébroue.
Un ruisseau trace son lit, dans le sec,
à l’aveuglette ;
Dans le mitan, son flux creuse en moi un trajet ;
mes pas l’effacent,
courant là bas
en espace incertain ;
loin des toits pentus, ouvrir le désert, lignes d’exil traversées
de progressions
nomades ;
effleurer les effluves des giroflées,
dessiner ce jardin, devenir liberté
de l’herbe,
fantaisie gracile des roses trémières provisoires
accommodant, leur intensité à la gradation lumineuse
des ciels.
Je ne connais pas l’accord immuable ni
la destination des voyages.
N.C.
4 commentaires:
Un bien beau texte.
On y respire un parfum de vacuité agreste… mais si léger, si libéré. Image comme venue d'un photographe qui aurait joué avec le grain de l'air en imperceptible mouvement…
V.
Beau poème , et j'ose imaginer une correspondance avec quelques vers de Milosz
"Au parc voilé,non loin des eaux de solitude
Chères aux cygnes blancs,anges des cieux sombrés;
Dans la tièdeur d'une vieille quiétude,
Rêve une fleur d'orgueil aux pétales cabrés."
(extrait de "la lyanthe".
Je reviens de voyage et prends plaisir à vos deux commentaires, Vincent et Hécate.
Oui, Vincent, il s'agit de vacuité; c'est vrai que j'ai un goût pour les vides interstitiels, qui ne sont pas le néant mais font respirer la vie.
Merci Hécate pour ce poème de Milosz que je ne connaissais pas.
J'y aime la "solitude", ce rêve" et le "voile sur le parc".
J'irai bientôt vous rendre visite à l'un et à l'autre.
N.
Chère Noëlle, très sensible à votre superbe écho à " Sérénissime Assassinat",je vous ai écrit une réponse sur le fil d'archal,seulement ce dimanche.Veuillez excuser mon retard.HéKate
Enregistrer un commentaire