lundi 15 juin 2009

Là-bas.

La sterne lentement lisse la lumière au fond du ciel,
ricane dans le multiple,
dérobe un poisson, au vol,
revient au silence singulier
à la pointe du rocher,
espace lithographié.

Une vague, s’enroule sur elle-même,
cambre la gravité,
accroche sa rumeur autour de mes oreilles
me creuse,
bat les effluves des genêts,
les coupe avec l’odeur des algues :
les plis s’ouvrent en éventail, cartes distribuées,
invraisemblance des distances
du loin au près…L’inconnu devient.

Un train s’éloigne,
les secondes décomptent sa silhouette,
…l’ ont effacée ;
la vie se dilue, la vague reflue
en l’instant du rien,
d’un là-bas qui vibre.
N.C.

11 commentaires:

v.l. a dit…

Décidément cette poésie est toujours aussi 'belle' à lire, à partager. De cette beauté-là, en ses images, en son va-et-vient entre microcosme et macrocosme.

Merci, Noëlle.

Noëlle Combet a dit…

Ce partage m'est très précieux.
C'est le lecteur, en effet, qui "justifie" l'écriture.
Noëlle.

nadine meyran a dit…

Noëlle j'étais émue en lisant notre fragile présence, que tu écris si bien. N.M.

"Je ne veux plus me poser
voler à la vitesse du temps

croire ainsi un instant
mon attente immobile"

(Philippe Jaccotet - "Airs" - 1961-1964)

Noëlle Combet a dit…

Oui, c'est ça exactement!

Hecate a dit…

La poèsie toujours à la vie liée,ce que j'effleure dans ma dernière publication sur les "Brontë".
Amicalement.Hécate

Noëlle Combet a dit…
Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.
Noëlle Combet a dit…

Héckate, ça m'amuse d'écrire votre pseudo ck, après ce que j'ai pu lire à ce sujet dans les échanges consécutifs aux textes que vous écrivez.
J'ai supprimé un premier commentaire : je n'arrivais pas à exprimer ce que je voulais. J'y reviens : Poésie reliée à la vie, certes, mais, pour moi, cette écriture-là, poétique, est plus de l'ordre des silences, de l'énigme et des interstices que du cri.
C'est pourquoi je n'ai pas pu, même si j'apprécie la beauté de votre écriture, ajouter quelques lignes à votre approche des Brontë.
Je suis consciente pourtant du fait que tant de souffrance, celle des Brontë ne peut se dire autrement que ce qu'ils ont tenté. Elle est certes de l'ordre de l'appel et j'y suis sensible affectivement mais pas esthétiquement. C'est pour moi un autre registre. Pourtant, j'apprécie la peinture expressionniste 'Le Cri" de Munch par exemple, de sorte que je m'interroge sur mes réserves.
Etant abonnée à votre blog, je suis avertie chaque fois que vous publiez.
Amicalement.

hécate a dit…

Les Brontë sont épinglés à ma chair,à mon âme même,et celà je crois jusqu'à mon dernier souffle!
Branwell a été le plus écarté de ces oeuvres et trop oublié,je tenais à lui redonner sa part ,car il fût la torche dont s'alimentent toutes les pages des romans de ses soeurs.
Je ne puis séparer la pensée du cri intérieur.Munch l'a démontré en effet.
Sans la puissance de l'émotion,nous serions comme un arbre insensible au vent qui compose une musique avec son feuillage,et dont chaque bruissement est une note de poèsie...Un langage indicible, une vibration.
Amicalement .Hécate(à noter,que la transgression est à la base de la complicité de ce "monde infernal" des enfants Brontë! )

Noëlle Combet a dit…

Oui, Hecate...et je ne me sens pas du tout insensible aux Brontë ni à ce que vous en écrivez.
Nous revenons aux mêmes premiers échanges : je crois que si, en effet,la souffrance fonde la pensée, elle ne s'exprime pas néanmoins toujours dans le même style, d'où la multiplicité des écritures.
Je ne parlais que de préférence m'orientant vers une forme d'expression.
Je ne pense pas que, dans ce domaine, un choix puisse avoir une portée universelle...donc, je dis mes raisons sans me donner raison.
Amicalement.

hécate a dit…

Noëlle,quelques mots de plus:je regrette que vous n'ayez exprimé ce que vous dites ici en commentaire sur mon fil...Votre opinion aurait élargi la vision sur les enfants Brontë.Votre H.

hécate a dit…

Voila qui est fait chère Noëlle,ainsi votre avis figure sur le fil ,et je pense que cela peut apporter réciproquement un élargissement des points de vue pour les éventuels visiteurs prochains.Merci à vous de cette tentative,sans votre accord je ne me srais pas permise de le faire.Votre H.