mardi 28 juillet 2009

Et les images battent aux quatre vents de l'été.

Stridente, la lumière allume dans le fouillis des pétunias un incendie bleu extrême au bord d’une dégradation violette…
De cette beauté, il se sent délaissé. Sur le côté, dé-naturé en quelque sorte, il en éprouve une fulgurance mélancolique.
Au soir tombant, les pétunias s’obscurciront.
Il attend la réponse de l’amie à une lettre qu’il n’a pas écrite.
Ses paumes ouvertes proposent la lointaine proximité.
Il aime que la pensée fomente la meurtrissure du concept tandis que le noyer arrondit ses premières écales porteuses, déjà, de l’automne en ses prémices.
Il aime que la nature fasse pièce à l’excédent théorique et à l’absolu des injonctions catégoriques, dans le débordement somptueux de ses compositions.
Une abeille se glisse au creux de la pivoine : transport dionysiaque, sa trompe aspire l’ivresse du pollen dispersé; un éclat de rire vibre entre les ailes déployées du rouge-gorge.
Le silence recouvre le monde.
Tranquillement trottinant, l’espérance est une mule de sept berges.


N.C.

4 commentaires:

Hecate a dit…

Le silence est-il illusion?
Un atome déploirait plus de sons à lui seul et disposerait d'un nombre supérieur de musiciens qu'un orchestre...
Hécate

Noëlle Combet a dit…

Hécate, votre remarque me plaît : je me réjouis de penser un silence composé de multitudes d'orchestres à l'infini!!
En effet, nos sensations pourraient-elles être autres qu'illusoires ? la guêpe et la grenouille, comment entendent-elles le silence?
Nos images aussi sont fictions...et nos sentiments, et nos concepts... et notre existence : "La vie est un songe" disait Calderon.
Et Lao Tseu, pour sa part, se demande, quand il rêve d'un papillon, si ce n'est pas le papillon qui rêve de lui.
Mais ces fictions ne dessinent-elles pas notre chemin, faisant que nous le poursuivons au mieux pour nous?
Reste que désormais, il m'arrivera de percevoir l'infini de la musique dans le silence!

Vincent Lefèvre a dit…

Strident…, stridulant… Simple enchaînement de mots ? Évocation peut-être, qui, de vous, me mène vers moi-même, cheminant…

Et puis ce merveilleux et taoisant : 'Tranquillement trottinant, l’espérance est une mule de sept berges.'

Cordialement.

V.

Noëlle Combet a dit…

Voici qu'avec cette stridulation, des cigales accompagnent le trottinement de la mule et tous les cheminements intérieurs ou des uns aux autres.
Merci pour cette musique.
N.