jeudi 9 juillet 2009

Sans titre.


De Nadine Meyran.


La poésie, c’est ce qui reste d’un frottement, c’est la trace poudrée de mes déplacements, l’écharpe de molécules sur mes talons, quelques cheveux, un fil.
C’est l’attention portée à l’infime, la perception de ses mouvements dans mon champ visuel. Je cultive mon champ visuel, il m’indique le passage ; je cultive mon ouie aussi et l’acquiescement au bruit car le silence fait du tapage.
Je ne vois pas ce que j’écris, je vois l’écrit lui-même, l’orphelin.
Je me vois voyante dans le dessin sonore du poème. Je suis ici et là. J’écris pour donner forme et matière et musique au vide qui doit absolument être délogé et relogé par les poèmes. Je suis locataire de l’espace et du temps du poème.
Lorsqu’un nouvel ordonnancement des objets fait apparaître les fentes du monde je travaille le texte que le vide y a déposé.
Puis Le Vide dispose du texte à son gré.


Nadine Meyran
5 juillet 2009

1 commentaire:

Noëlle Combet a dit…

Oui, c'est vrai:le texte, une fois écrit, nous renvoie à notre mort.
La vie que nous lui avons donnée s'échappe de nous après que nous avons fait corps, comme tu l'indiques, par tous nos sens,avec lui.
Et, s'il rencontre un lien, ce sera désormais hors de nous, fugitivement, avec d'autres.