dimanche 16 août 2009

Sons.

Les arbres grignotent le soleil couchant
l’ effrangent de haillons
Gravée dans le sable,
galbée en creux, une oreille se tend, se prête
aléatoire, puis s’émiette.
Le son s’évase en gouttelettes ;

éparpillée, ta voix voltige dans ma bouche,
y disperse son grain, longuement goûté, mâché,
infléchi d’ironie
profonde.
Je palpe l’onde d’une résonnance ancienne sur la dalle vieillie,
sculpture érodée ;
l’écho détimbré
échappe, s’élance, s’efface, s’évade et revient
du plus loin du loin.
Tramant ma pensée mulâtresse,
une quena, gravement,
lentement,
fait onduler le vent.
 Sur le sentier, là bas,
court un enfant.

 Noco
N.C.

6 commentaires:

Vincent Lefèvre a dit…

Noëlle, j'aime votre poésie, puis-je le dire ? J'aime la manière dont elle se trame, dont elle tisse les registres des mots. Le motif et la matière en sont légers, sensibles, mêlant 'intérieur' et 'extérieur', nous touchent de plusieurs manières. J'aime ici ce qui est peu démonstratif, simplement, doucement évocateur, laissant résonner en nous ce sentiment du moment et des choses. Nous laissant à notre chemin. En un mot : le bonheur de la poésie. Et si raison il y a. Il y a. Elle se fait fleur, lumière, musique.

Noëlle Combet a dit…

Vincent, ce que vous écrivez là meréchauffe le coeur.
La poésie est mon mode d'expression le plus intime et sensible.
Je suis d'autre part attirée par la philosophie mais sans une autre écriture qui l'ouvre et l'excède, la dépassant du côté des sensations et sentiments, elle me semblerait close sur elle-même, insuffisamment centrée sur l'existence et la rencontre de l'autre.
Et je vis comme une rencontre cet échange-ci, aujourd'hui. Merci.
N.

Vincent Lefèvre a dit…

… Et si, sur ce plan-là, nous n'avions que cette oscillation, ce mouvement pendulaire, entre poésie et philosophie ! Nous épuiserions-nous de ce don ?

Noëlle Combet a dit…

C'est une question, celle de l'épuisement, que je me pose souvent : toutes les énergies sont épuisabless, les humaines comme les naturelles.Sont-elles toutes renouvelables?
C'est peut-être seulement l'"autre" qui n'est pas épuisable...peut-être.
Mais là aussi, la question peut se poser.
Tout revient à la question du désir et lui aussi peut-être épuisant ou épuisable...
Il n'y a que des questions!!

Vincent Lefèvre a dit…

L'épuisement de l'énergie ? Peut-être une 'image seulement ! Et si, malgré tout, nous ne devions n'avoir pour jauge que cet (inépuisable ?) réservoir (ou 'complexe') d'énergie qu'est l'univers et n'être, en somme, à notre tout petit niveau humain, que des 'médiateurs'. Quant aux comptes à en rendre, hors notre toute petite humanité, devant quel suprême juge comparaître ? Et si, pour rompre là, nous devions simplement nous référer à la méta(-)physique (pour ce qui est de la philosophie) ou à la méta-poétique… qui n'est finalement que la poétique elle-même… Vous voyez évidemment vers quoi mon 'cœur' incline.. Image vous disais-je !

Noëlle Combet a dit…

Oui, je vois; et ce lien "univers/ méta(-)physique (avec cette graphie)/ médiation/ poésie me va.
La "médiation" appelle l"image" ; et alors, la mort "si elle existe" comme le dit Derrida, ne serait qu'une image de plus : celle d'une dispersion supplémentaire dans un univers en lequel, en dépit de nos illusions, nous sommes déjà dispersés. Interdispersion entre le monde et nous?