samedi 5 septembre 2009

Un petit souvenir de conférences, par Paule Pérez: :

A la lecture de cette puissante étude sur Derrida et sa "politique de l'amitié", à laquelle Noëlle Combet nous invite et nous entraîne :
je me suis souvenue d'une soirée (vers 2002/2003? à la maison des Sciences de l'Homme à Paris, me semble-t-il), où Yves-Charles Zarka a évoqué le personnage de Carl Schmitt avec son invité, jeune universitaire britannique qui avait traduit le Journal de Schmitt en anglais. C'était en effet une période où Schmitt faisait particulièrement débat, puisque peu de temps auparavant, Giorgio Agamben lui avait consacré une soirée à Jussieu, dans le cadre de l'Institut de la pensée contemporaine, proche de l'Institut Roland Barthes, sous la houlette de Julia Kristeva. Agamben, lui, avait parlé particulièrement de l'état d'exception vu par Schmitt.
Il s'avérait, mais Derrida n'avait pas pu le savoir au moment de son écrit, que Schmitt avait "confié" à son Journal des propos violemment antisémites : ce dont je me souviens particulièrement c'est qu'il y traitait son grand ami de jeunesse - celui qui l'avait bien aidé financièrement - de chimpanzé ou de macaque, assez malin et opportuniste pour bien rebondir en fonction des circonstances, à un moment où celui-ci, sans doute, était déja affaibli par l'ascension hitlérienne. Cela entame dramatiquement l'image de cet "homme du Droit", ce théoricien de la Droiture. J'y ai ressenti instantanément ce que peut recouvrir le mot "abjection".


Autre commentaire, plus ouvrant je l'espère, et à propos de l'amitié, côté femmes : les termes touchants d'Hélène Cixous quand elle parle de son ami Jacques, en toute aimance! Paule Pérez

1 commentaire:

Noëlle Combet a dit…

Merci, Paule pour ton intérêt à ces "fragments" consacrés à Derrida et pour ce précieux supplément d'information.
De quoi se méfier du "Droit". Que recouvre-t-il quand il se veut trop "droit"?
Quant à "l'amie", Hélène Cixous, je suis persuadée que ce texte lui est implicitement dédié.