dimanche 18 octobre 2009

Bouture.











L’eau m’avait désertée.

Je fus battue des vents,
je heurtai,

ici un tronc d’arbre,
là une arête de mur.

Des mains m’ont recueillie au vol, écoutée,
et  reverdie,
irriguant mes nervures ;
à nouveau
le flux a longuement coulé.


Pied et racines
se sont agrippés goulûment
à la noire épaisseur de l’humus


pour aller venir, nécessairement,
en floraisons et fanaisons et floraisons et...

N.C.













Alexandre Glazounov
Orchestre radio-symphonique tchécoslovaque 
Dir. Ondrej Lenárd
Bratislava • 1987

Les Saisons • L'automne
Bacchanale et apparence des saisons
Adagio  Apothéose
Proposé par v.l. , tant l'automne est accomplissement et promesse.






Trajet.


. Sur le sentier forestier
j’ai croqué crue
une châtaigne nouvelle,
mangé une pomme sauvage
acidulée
puis une arbouse solitaire.
Trois sauterelles ailées
au vol bleuté
ont traversé mon chemin.
Près d’un jardin,
j’ai fait halte un instant :
Il y avait des roses
et des oies cacardeuses
qui grassement déambulaient.
Avec mon bâton, reprenant ma marche
je rythmai mon pas l’ajustant
aux irrégularités du sol ;
la caresse du vent
bruissait en deux sons déphasés
dans les pins et les chênes verts .


      
N.C.





2 commentaires:

Vincent Lefèvre a dit…

Je lisais hier, exactement, que certaines cultures (la latine, notamment) sont étrangères au principe de non-contradiction (à la différence de la culture celte, notamment)… Alors comment lire simultanément, ou presque, ces deux poèmes. Chacun est l'inversion (l'aversion) de l'autre. et-et / ou-ou.

Noëlle Combet a dit…

Héraclite, bien avant Platon et Aristote et leur logique de non contradiction, avait posé d'emblée l'identité des contraires...
Je suis adepte de ce point de vue, et autres oxymores, peut-être parce qu'il me spécifie : je peux passer presqu'instantanément de la mélancolie à l'allégresse,voire me trouver dans les deux en même temps.
La Bacchanale d'automne évoque bien cette simultanéité; même si elle s'inscrit plutôt dans l'allégresse, la mélancolie n'en est pas absente...Je crois que la musique est souvent au moins aussi oxymorique que la poésie,sinon plus.