mardi 24 novembre 2009

Roman-ce.




Son sourire était en pente
dans l’escalier roulant.
Leurs yeux se connurent,
s’adressèrent
des lettres en pluie
jamais écrites,
suspendues désormais
 aux fils aériens du mobile,
  en  notes flûtées
 coulées dans des rêves,
Jouant la rengaine
des  pas perdus
obstinément
portés aux nues.
Secrets détroussés
Ombres effeuillées…

A la vitesse
de la lumière,
le temps a volé en éclats


Noco.

4 commentaires:

Humanimalités a dit…

Regards croisés.
« La dérive » émotive s’entrechoque aux « écoles » du temps perdu… Se laisser aller à la rêverie de l’émoi !
« La salle des pas perdus »…. Avant d’être en partance pour de nouveaux horizons, ces moments de latence qui nous paraissent si lourds et pesants, malgré l’apparence de la sensation de vide qui peut nous accabler sont bien souvent le terreau d’ère nouvelle.

Noëlle Combet a dit…

Bonjour, "Humanimalités"; je me rappelle votre première visite à la suite de "amor fati".
La justesse de votre propos me touche aujourd'hui : pesanteur du vide dans les moments où nous rencontrons la "perte".
C'est, comme vous le dites, "lourd et pesant" à vivre mais vous indiquez bien avec le mot "apparence", la part d'imaginaire qui s'invite :"roman".
Et puis la question du vide. Le considérer à la manière taoïste comme une potentialité, "terreau d'ère nouvelle" comme vous le dites, est un appui pour traverser l'image de "néant" que notre culture véhicule.
A nous, occidentaux, il faut un travail pour y parvenir...dépasser la douleur en rentrant en soi dans l'attente de ce que désigne si bien Hölderlin et que je rappelle même si on l'a souvent "banalisé":"Le désert croît; mais avec lui, croît aussi ce qui sauve".
N.

Vincent Lefèvre a dit…

Cela pourrait être une 'figure' de 'nouveau roman'. … Comme quoi la forme poétique dans sa concision nous épargne un long scénario… ;-)

Noëlle Combet a dit…

J'étais à mille lieues, Vincent, d'imaginer un lien entre ce texte né d'une émotion et le "Nouveau Roman" que je n'ai, en son temps, que modérément apprécié en dehors de "La Modification" de Michel Butor et quelques extraits de Nathale Sarraute.
Comme quoi la "réception" de ce que l'on exprime est un fait de hasard!!