samedi 12 décembre 2009

Sans titre.



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:En direct de là-bas
Le bleu profond écrase les messages
Je ne lis plus rien qui vient de vous
J’hésite à chaque mot
Qu’est-ce qu’un mot
Les phrases flottent
Mes archives s’éparpillent en liasses
La vitesse découpe ma lenteur en séquences séparées de longs intervalles
Ici je vais à l’abandon
Ma pesanteur se trompe
Ici je suis fulgurante
Mes pieds lâchent des étincelles
Qui s’éteignent les jours d’équinoxe
Mon mouvement est une figure complexe qui défait le commencement
L’écriture ne fait plus bouger mes doigts
Une langue fraternelle commente le bruit des météores
Je ne trébuche pas je ne tombe pas
Je fuse
Je caresse l’histoire
J’en reconnais les césures les enchaînements les passions les oublis
La vérité sèche et squameuse au centre du vide
Blottie dans le noir éblouissant de l’absence qui berce.


 
 
Nadine Meyran
12 décembre 2009








5 commentaires:

Noëlle Combet a dit…

Écrasement et bercement de l'absence...mais aussi les étincelles...et la figure qui, se faisant, se défait...se refaisant se...
Merci pour ce texte, qui, facétieusement, et en toute poésie, met en page ce "compactage" dont je te parlais!

nadine meyran a dit…

Voyant le "compactage" involontaire qui se produisait et dont je n'ai pas pu sortir, j'ai repris le texte en le "compactant" délibérément.

Noëlle Combet a dit…

Veux-tu que je tente de "décompacter"?
Sans garantie.

nadine meyran a dit…

Non, merci, je reste "compactée". En cette saison il est bon de resserrer l'espace autour des mots pour qu'ils ne prennent pas froid.

Noëlle Combet a dit…

Donc, au terme de nos "accords", voici ce texte "décompacté". Il a finalement meilleure mine, je trouve!