mardi 22 décembre 2009

La moustache du pouvoir.

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L’année, à son terme, se balance aux branches
Comme les pendus.
On a rasé la moustache du pouvoir :
les pendus tombent des arbres,
courent vers les bois exténués,
vont épeler un nom aux archives;


l’herbe se recroqueville,
les oiseaux se taisent,
une laie grogne au loin ;
les glands craquent sous les pas ;
deux geais se disputent.
Dans la cité, des enfants s’élancent, violence au poing.
Une souris a égaré les dents de lait.



La moustache du pouvoir repousse
en invisible quadrature ;
les mille yeux du pouvoir évaluent,
spéculent,
jaugent la performance.
Vidés, les hommes deviennent des chiffres.
Les branches veillent,
en attente éperdue d'autres temps à venir.

Noco.





2 commentaires:

Hécate a dit…

Chère Noëlle tous mes voeux pour 2010 .

"Bien que ton petit pied nous pousse
Sournoisement vers le tombeau,
Nous arrivons à la rescousse
T'acclamer ,petit An nouveau !"
(Théodore Botrel )

Bien amicalement .
votre Hécate

Noëlle Combet a dit…

Merci Hécate : je vous adresse aussi tous mes vœux en retour pour 2010.
Je souhaite que l'écriture, pour vous, comme pour moi, disons, pour nous, chacune à notre manière, continue à faire objection, et à rire au nez et à la barbe ainsi qu'à la "moustache" des oppressions.