mardi 8 décembre 2009

Noyau de cerise.



Le cœur de la terre bat dans l’écureuil.
Il s’élance, grimpe aux branches qui peignent le ciel ;
il croque des pignons.
L’enfant court en boitant
à cause du noyau de cerise
dans sa sandale.
Elle prête ses yeux au buisson
qui  maintenant la dissimule ;
elle défait sa sandale, la secoue, la rechausse, la relace,
repart.
Elle court derrière le vent.
Le vent court derrière le ciel.
Un noyau de cerise est tombé sur le sol ;
La lumière a mangé l’ombre.

Noco






4 commentaires:

Vincent Lefèvre a dit…

Une image, une image de/dans la poésie, la poésie de cette image… qui est tout un climat, un paysage intérieurs… qui nous tire loin en arrière : là, juste devant nous, quand nous étions/sommes enfant(s)… Une image…

Noëlle Combet a dit…

Oui, le "sommes" enfant(s) sonne très juste pour moi, l'enfant étant le "père de l'homme".
En même temps, ce "caillou" a trait à nos vies. Il nous fait boiter mais "boiter n'est pas pécher".
Dans les moments " miraculeux où nous le faisons surgir de notre chaussure, alors, de la lumière revient...lumière du petit caillou à éclairer nos chemins sur lesquels nous élancer.
Nous voilà alors tirés à la fois en arrière et en avant, dans le balancement des renversements.

Liza a dit…

Quelle fraîcheur, je découvre un univers très riche et très profond, et j'en suis très touchée . Toute mon amitié . A bientôt .
Liza

Noëlle Combet a dit…

Liza, j'ai ressenti,à vous lire, l'émotion qui advient lorsque nos mots sont reçus et qu'il font lien.
Mon amitié en retour.
Noëlle.