mercredi 27 janvier 2010

D'un zéro l'autre


Du point zéro,
un hasard nous aura projetés 
à ricocher de là en là ;
notre vie aura fait ses ronds dans l’espace.


Nous pirouettions,
défendions  la liberté tous horizons
et mordions dans un fruit quand
réapparaît le point zéro
à l’hémicycle  du trajet ;
on  l’a à l’œil,
miroir au loin 
à faire périr les alouettes ;
on veut le tenir en respect.



Et voici le dernier sextant :
la réduction sera le gain,
denrées plus rares, désormais : 
Il faut alléger le panier.
La pensée, œuf gobé,
s’évide s’évadant.
On s’effiloche,
les puits s’épuisent ;
les matchs sont quittés,
on se voit devenant invisible ;
effacement,
dépouillement ;
lignes tremblées,
lignes gommées
s’étrécissant dans notre trame
qui s’exténue.




Et pourtant ;
lointaine, mais encore si chaude ! s’étire la caresse
des sourires aimés aimants,
la courbe de l’oiseau
se  nourrissant de ciel en flaque
et de graine en terre ;
dans l’évidement,
se profile l’évidence en soi de la vie,
jusqu’à l’accueil du point zéro,
et au-delà
quand les questions se poseront
sans nous
ou sans personne
dans cette ombre aimantée
dont nous faufilons, déjà, de nos désirs
l’incrédule et lumineux sillon.

Noco.

1 commentaire:

Vincent Lefèvre a dit…

Voilà qui libère de hoquet de Facebook et du bouquet de Canal+ ! Surtout qui nous libère par cette poésie-là et cette vacuité qui est notre vraie et essentielle liberté. Sans oublier le plaisir qu'il en est. Bien sûr.

Merci Noëlle.