vendredi 5 mars 2010

Grains de rire.



Le rire égrené en grelots des oies sauvages a fendu en ^ le nuage, là haut.
Dans la cité, les tissus bariolés, en écho, se défroissent, déploient l’espace.
L’oignon, déshabillé de sa pelure épaisse s’enveloppe frileusement d’un léger voile.
La tasse de thé estompée de crème accompagne mon mouvement. Sa chaleur est blottie au creux de mes mains.
J’ai bien repassé mes angoisses, les ai soigneusement pliées et sagement rangées sur l’étagère de l’armoire dont j’ai fermé la porte à clé ; je me repose d’elles : l’hiver viendra bien assez tôt.


La maison ouvre les yeux, démesurément. Le cœur du printemps bat dans ses paupières : attente palpitante, promesse poudrée d’ailes de papillons.
« Sœur Anne, ne vois-tu rien venir ? »


Un jouet bariolé, abandonné, oublié, compose avec l’herbe mouillée un arc-en-ciel-du matin-petit- bonhomme-va- ton –chemin.
Une comptine a traversé le temps.

N.C.


GuQin / Oies sauvages se posant sur le banc de sable
平沙落雁

1 commentaire:

Noëlle Combet a dit…

Immensément délicate, Vincent, cette musique lointainement proche,se déposant comme pétales d'églantines dans l'infini de soi.
Merci.