mercredi 14 avril 2010

Trolls



La rosée est si tendre ce matin !
Entends danser les trolls dans les feuilles du vent…
L’insurrection des  geais rappelle des combats
que la tristesse étreint :
le sang des hommes s’est trop souvent perdu
noyant les herbes hautes
et les exils ;
le sang de la douleur
a si souvent voulu
la liberté, dedans, dehors,
dessinant
les galops de la vie loin de la servitude ;
Là-haut, la buse tourne en cercles suraigus
qui  proclament la faim.
Le vent…le vent berceur d’oubli,
fait rémission des luttes…
m’invite à me blottir en mon corps désœuvré…
qui soudain s’abandonne... à la danse des trolls... implorant l'orient.  
noco.  

2 commentaires:

Vincent Lefèvre a dit…

Petite réflexion décalée. Noëlle, toujours (plus) le vrai plaisir de lire vos grands petits mots en poésie. On a dit qu'il est une langue propre à nos poétesses (quel mot bizarre : poétesse, que cela sonne drôlement !), soit, je le prends pour tel et vous associe dans mon (petit) panthéon poétique (très personnel) à ces deux-là, poétesses vraies : Lucie Delarue-Mardrus (qui n'a pas démérité, par ailleurs, d'être la compagne du bon Docteur Mardrus, magnifique traducteur des Mille et Unes Nuits) et Marceline Desbordes-Valmore. On ne démérite pas non plus, vraiment pas, de voyager en compagnie de ces nymphes, révélées et offertes à nous par cet impérissable don que furent nos récitations enfantines. Il me fit naître, ce don, au sentiment de la poésie, toute ma vie, essentiellement, en demeure nimbée, orientée. Ô ces gestes premiers (et insensés) ! Peut-être trouverez-vous tout cela étrange, inapproprié... Simplement, c'est !

Noëlle Combet a dit…

Ce n'est pas si décalé, Vincent.
Je me promenais, figurez-vous, ayant fini mes courses, dans le jardin botanique proche de mon domicile et je réfléchissais : "incantant", me disais-je est un trop grand mot; il me faut en ressentir un autre; "implorant" s'est présenté après plusieurs sur lesquels j'hésitais, et, au moment de modifier mon texte, j'ai trouvé votre "commentaire". Oui, me suis-je dit,en lien avec ce mot "implorant",il a raison; Je n'écris pas en alexandrins sauf "accidentellement", quand ça chante comme ça en moi; mais j'ai en commun avec ces faiseuses de poésie que vous nommez,et je m'en trouve très flattée, une façon "élégiaque", le goût des fleurs et ce climat intérieur de proximité de la mort, mélancolie devenue douce.
Je suis heureuse que cela rencontre votre goût de la poésie.
Merci, Vincent, d'être pour moi, un répondant si constant.