lundi 27 septembre 2010

Phantasia







Ton âme est concave comme
un plat aux bords extensibles.
Le contenu en pétrit les contours,
les étirant
les resserrant.
Dans cette pâte, la lumière jaune des colchiques
Rencontre, vert cendré, des feuilles
tombées de l’arbre.

Son sourire, souvent,
croise les lignes d’un texte que tu parcours
et qui chemine en lui :
le samouraï sabre le vent,
Quel rond des lèvres chuchote l’enfance ?
Un ver rampe dans la pomme ;
les notes hautes du saxo projettent dans l’espace
une touche inédite, plume iroquoise et bleu orange ;
En  mélopée  plaintive, le slam pleure les ponts sans fleuve
de la cité et du pouvoir.
Les lettres tombent à la renverse hors du livre écarté.

Tu deviens tout à coup, une pensée errante
qui  poursuit, égarée, l’ombre des morts
au gré des chemins de garenne.
Il te regarde t’absorber
dans ce creuset
où soudain tu t’effaces,
d’absence recueillie.
Plus aucun ricochet.

Dans un écart, alors,
Il  va ;
d’une marche incertaine, 
ses pas mendient
l’ouverture des clairières,
attendant  de là-bas  la lumière sentinelle ;
il caresse au passage,
surgi du bois, d’un bond, un chien qui veut jouer.

De ton défaut, rouge est sa rage ;
les arbres sont couteaux à découper le ciel,
en vert,
l’infinie solitude de vivre, grise,
pleure des larmes rouges
pelures du temps.
Le ciel boit les cerises
qui faisaient boucle autour de tes oreilles.
Elles sont tombées sur les tapis.
Tes pieds cheminent,
La vie et la honte sont rouge cerise.


noco


2 commentaires:

Vincent Lefèvre a dit…

Noëlle, comme d'habitude, votre poésie, son/votre élan, ce qui intensément, bellement, s'y/en exprime.

Noëlle Combet a dit…

Merci Vincent pour cet écho qui m'est d'autant plus précieux qu'actuellement, je doute beaucoup.