jeudi 7 octobre 2010

Mille plumes



Oiseaux bleu-noir, les notes,
à tire d’aile,
couvrent les ciels d’orage
de mille plumes ;
puis pleuvent,
pétales blanc-grisé,
sur la terre, à mes pieds,
voilent d’un rideau bleu
la plongée des regards,
coulent, rouge fluvial,
à décanter les clameurs et les luths,
nos douleurs d’importance,
nos souffrances tendues
vers le plaisir de vivre,
la gravité rieuse à la croisée des gestes
qui se sont esquivés.
Des mots entremêlés,
se déchirent, se taisent,
jouent à perdre-trouver,
d’encre lactée, la nuit.

Noco.

2 commentaires:

Tarek Essaker a dit…

'Ce qui demeure d'une plume' ?

... Pour ce qui demeure d'une présence...

... d'un vent qui ronge ses graines...

... d'une étrangère disparue au petit matin...

... d'une montagne à l'ombre du temps...

... entre les mains des murs et des pierres escarpées...

... chapelet de peurs...

... cet abattement si familier...

... de sentiers si oiseleurs...

... le vide creuse son vertige...

... le silence fauve attend son linceul...

Noëlle Combet a dit…

Tarek, c'est une grande émotion pour moi de lire ces lignes.
Ce "chapelet de peurs", ce chapelet de pleurs tour à tour me rattrape et me quitte.
Les plumes que l'on taille griffent nos mots les effaçant.
Vous, "oiseleur" délicat, savez favoriser l'envol des oiseaux, leur essor délivré des filets et déplorer/:chanter leur absence présente .
Ne reste que...même plus un sillage...à peine une trace de trace...qui pourtant ne tout à fait se meurt..ou, du moins pas déjà... mais bien plutôt "demeure".