mercredi 10 novembre 2010

En mâchouillant un brin d'herbe



Barque arrimée ;
creux solitaire et silencieux
entre saules et bambous.

A fleur d’eau, heure lisse…
ailes de libellule…
froissé, l’air se referme.

Bleu grisé et vert doux…
mots et pensée gommés…
fondent aux couleurs de l’instant.

noco


Ce à quoi Tarek Essaker a souhaité donner 'en regard' :

Midi ouvre jardin 
Ombre aux voûtes 
Plumes libellule qu'eau défroisse 
Barque calebasse  
Brise ondule 
Onde rendue aux roseaux 
Se plient 
Herbes s'épellent 
Lumière à flanc
Figures de diamant. 

Là où rien n'existe 
Un détail s'entête 
À retenir la barque… 



Ce à quoi >Vincent Lefèvre aimerait ajouter :

Dai Xiao-lian, qin
Eaux courantes, 5:45


3 commentaires:

Vincent Lefèvre a dit…

Attendez, Noëlle, je cherche dans mon Anthologie de la poésie classique chinoise si je vous y trouve !

Tarek Essaker a dit…

Simplement magnifique… On se contenterai du son et des textes en vis-à-vis… Un mouvement se déclenche et arrimé aux indicibles filets du silence et des ondulations qui nous traversent, il touche au périlleux voyage que la vie nous restitue avec une extrême mesure et force, légèreté et aussi fugaces fugues… Merci cher Vincent.

Noëlle Combet a dit…

Absence et présence dans cette musique...des plis froissés, défroissés des tourbillons, des flux et reflux, des creux qui s'évasent, des désordres dans une structure ... un cheminement et comme un essor retenu de la barque... qui se déploie à l'infini dans la résonance prolongée des derniers sons.