vendredi 26 novembre 2010

Mais qu’est-ce que je suis venue faire sur cette page blanche !
Je n’ai rien où m’accrocher ! Je glisse !
Mes pieds laissent des traces grises, je vais me faire engueuler…
Le papier libère une exhalaison sèche, désagréable.
Peut-être pas désagréable, ça sent le papier quoi !
Je glisse
je
n’ai rien
où m’accrocher ! Ah là, je me tiens !

Comment suis-je arrivée ici ?
Je suis rentrée, j’ai téléphoné à ma mère, j’ai dîné,
et le vide a commencé à pousser les meubles.
Lorsque j’ai remarqué que la table se tenait à l’écart et que les murs avaient traversé la rue,
plus rien déjà n’était à ma portée.
J’étais seule et éloignée.
Je n’étais plus chez moi, j’étais dehors dedans.
Il ne faisait pas chaud et je n’avais plus rien à boire.
C’est en allant chercher de l’eau à la cuisine que je me suis égarée.
Un vague parfum de bouillon me rappelait la maison…

J’ai eu comme un vertige ? J’ai battu des bras, j’ai tourné sur moi-même, j’ai pensé à l’écriture ?
Et je me suis retrouvée là, sur le papier, écartelée, refroidie et seule, mais seule !
Au loin, à la télé, j’ai entendu Higelin parler et des journalistes débattre de la journée de la jupe (à force de glisser la mienne est remontée, j’ai les fesses à l’air, pas étonnant que j’aie froid).

Tout ça parce que j’ai lu le texte de Noëlle « A, comme Apache » sur son blog – elle, elle écrirait « blogue ».


NM.
25-11-2010

1 commentaire:

Noëlle Combet a dit…

Oui, peut-être que notre plus profond ensauvagement fait remonter les jupes et nous fait glisser et déraper sur des surfaces blanches où nos raisons de ne pas écrire, se transformant en déraisons, nous font écrire!
Te lisant, j'ai pensé à l'"Écume des jours" quand, affrontée à la mort de Chloé et au désespoir de Colin, la petite souris, celle qui, à la fin, demande au chat de refermer sur elle ses mâchoires, ce que le chat fait, comme étourdiment( une des plus belles pages de la littérature française selon moi), quand la petite souris,donc, voit les murs de la maison progressivement rétrécir.