mercredi 30 mars 2011

Aux lecteurs de ce blog

A propos des Droits de l'homme, Nicolas Martin et Antoine Spire dans "Chine, La Dissidence de François Jullien":

"La position de François Jullien a l'immense avantage de solliciter un point de vue précis, toujours à redéfinir en fonction de l'actualité: qu'est-ce qui me fait soudain crier "non" et réveille si vivement en moi mon humanité? Le fait de ne pas figer les droits de l'homme en valeurs positives, déterminées, confronte chaque citoyen à l'indécidable. Il ne s'agit pas tant d'appliquer mécaniquement des principes de droit posés hors de tout contexte que de sans cesse réévaluer leur pertinence; en somme d'exercer un jugement non programmable, toujours renouvelé, donc saillant, en essor"

Donc,convaincue qu'en certaines circonstances, penser, imaginer, écrire, ne suffisent pas à témoigner d' une éthique, je vous propose aujourd'hui la lecture d'une pétition créée en ligne.
J'espère que son contenu saura vous convaincre et que vous lui apporterez le soutien de votre signature.
Noëlle Combet



Non à tout acharnement discriminatoire
Le 25 mars, selon Le Monde des 27 et 28 mars, Claude Guéant  s’adressant aux policiers, a fixé un objectif minimal de 28000 « éloignements » d’immigrés clandestins. « Eloignements » ! Appréciez l’euphémisme ! Est-ce que les mots aujourd’hui veulent encore dire quelque chose ? Que pourrait bien masquer celui-ci ?
Certes, ils sont des clandestins et n’ont pas légitimité à occuper le territoire ; faut-il, pour autant commander une chasse à l’homme incluant femmes et enfants ?
Cet objectif, a-t-il ajouté, il est impératif de l’atteindre. « Il doit même être dépassé dès lors que nous disposerons avec la loi sur l’immigration et l’intégration d’outils juridiques nouveaux […] Mobilisez-vous ! […] Cela passe par des interpellations et chacun de vous sait où et comment procéder »

Trop, c’est trop !
Nous ne voulons pas de cette exhortation au zèle qui nous rappelle trop des époques au cours desquelles la France républicaine a abdiqué sa dignité.
Nous ne voulons pas d’arrestations arbitraires- y compris dans les écoles-, ni de chiffres requis, ni de reconduites brutales aux frontières.
Nous ne voulons pas  davantage de ces quotas dont nous savons bien qu’ils s’étendent à d’autres domaines, subordonnant la qualité de l’humain à la quantité.

Faisons obstacle au  « mobilisez-vous » proféré par Claude Guéant en lui opposant une autre mobilisation, la nôtre : Mobilisons-nous en signant massivement.

Cette pétition est maintenant clôturée.

 

2 commentaires:

Vincent Lefèvre a dit…

Que vous (en) dire ?! Votre indignation équivaut la mienne tant elle touche, simplement, à la dignité humaine et rappelle, en effet, un sinistre époque. Mais ces chiffres sont connus depuis longtemps ; Guéant ne reprend que les objectifs de son prédécesseur qui les affirmait déjà haut et fort. De plus, ce qui est entrepris ici, l'est également dans l'ensemble des pays de notre belle Union européenne (entre autres ; certains autres pays, ailleurs, tendent des barbelés plus ou moins électriques). Pour moi, au-delà du 'cas' Guéant, c'est un monde qui si bat contre un autre monde dont il a peur et que, de surcroît, il a exploité éhontément depuis des siècles et dont il s'est scandaleusement enrichi. Notre richesse 'occidentale' tient à ses misérables de tout monde qu'aujourd'hui nous expulsons sans scrupule. Je ne veux donc, même si le personnage me répugne, m'arrêter au 'cas' Guéant - c'est l'arbre qui cache la forêt : c'est tout le phénomène que je veux condamner : nous les (pays) riches qui vivons du sang des (pays) pauvres... et sur ce plan ma dignité (d'être simplement humain) ne passe pas expressément par la contestation de Claude Guéant (quoique vous en pensiez, probablement). Quant à la question républicaine ! elle obnubile toute ma raison actuellement, et pas seulement sur ce point-là, hélas.

Noëlle Combet a dit…

Oui, cher Vincent, je suis d'accord complètement avec vous et je m'étais déjà bien insurgée profondément contre le "prédécesseur" de Guéant.
Mais là, le propos a des intonations "lavaliennes". Ce "mobilisez-vous...vous savez comment procéder" m'est insupportable.
Je me dis que l'on en veut à ceux qui ne se sont pas insurgés en 39-45 et que peu à peu, résignés, nous faisons de même.
Et disons, plus simplement que je m'interroge sur le "coût" psychique qu'il y a à connaître ces scènes (d'enfants menottés par exemple), sans tenter de pousser un cri, sachant que vraisemblablement ce n'est qu'un coup d'épée dans l'eau, mais dont je ne peux faire l'économie.
Je souscris cependant à votre analyse plus générale de ces deux mondes qui s'affrontent.
Là, dans cette circonstance particulière, je ne peux que tenter ce geste à ma hauteur.