dimanche 24 avril 2011

Farandoles

Il n’y a pas, il n’y a plus…
Il y a
chants d’oiseau
striant d’ obliques
la vacuité,
fleurs aveugles de lumière
tissant les plates-bandes,
pensées, primevères, giroflées
surplombées d’anémones
de blanche heure souveraines.

Fillettes en organdi de fées
et ailes d’anges,
garçons en cape et épée de chevaliers
 vont déchirant aux ronces du pré
leurs tissus.
Le  petit enfant étrenne
ses jambes.

Farfadets primesautiers
vêtus d’incandescence,
retracent des chemins indécis,
se disséminent
en multiplicités d’ étoiles
déployant l’intériorité
d’un ciel antérieur.

noco

4 commentaires:

Vincent Lefèvre a dit…

Toujours le même plaisir... Et cela me rappelle certain poème de Louis Calaferte 'dans le style ancien' qui n'est pas sans faire lui-même écho à Nerval et à Verlaine... Je vous le dirai quand je me rapprocherai de ce livre.

Vraiment cordialement. V.

Noëlle Combet a dit…

Vincent, la compagnie des auteurs que vous citez me donne envie de me cacher...Non vraiment, je n'ai pas conscience de mériter autant...

Mais le plaisir que j'ai eu à vous lire, et que je n'avais pas rencontré depuis un certain temps, reste important pour moi.Merci.

Noëlle

Vincent Lefèvre a dit…

Je vous l'avais promis, entre autres :

Quand nous étions vêtus de lourds et verts manteaux
et chaussés de nuages
dans les sabots du ciel

Quand les rouges chevaux hennissaient sur les mers
et qu'aux oreilles blondes des douces enfantines
les grelots de midi scintillaient de leurs fleurs

Quand la brume d'hiver ensablait dans ses moufles
les chemins incertains et les forêts lointaines

Quand les rires avaient des peaux de mirabelles
dans la maison de jonc et le jardin d'osier

Quand les fenêtres crues s'ouvraient sur des campagnes
de serpolet bruyant aux paumes des ravines

Quand c'était ce temps-là ce temps-là ce vieux temps

Louis Calaferte, Poèmes ébouillantés, 1983.

Noëlle Combet a dit…

Merci Vincent : outre le plaisir que j'ai chaque fois de votre visite, l'ambiance et le rythme de Calaferte résonnent en moi dans une sorte de familiarité...celle de l'enfance et de la nature...impressions rieuses sensuelles et cosmiques à la fois.
J'apprécie.
Noëlle