jeudi 5 mai 2011

Je tiens pour innocent celui qui déchire son âme aux fleurs celluloïdes
Sans souci des blessures que son amour délivre.
Tous les jours mon désir s’épuise à la vieillesse.
Le long des rues évasives
Je marchande une force inextinguible qui s’éteint.
Mais toujours les branches fouettent l’air
Et les oiseaux cisaillent de leurs cris
Les étains bleus des nuages.
Je suis partante et semée d’ombres
Qui lèvent à chaque pas des graines vaporeuses comme des souffles.
Le souvenir d’un jour où nous fûmes aimés
Reporte à l’infini la chaleur du moment
Quand même les ondes continuent d’onduler autour des sphères blanches.

Il passe par les sons une force qui éveille les goûts.

L’écriture aussi donne dans son secret
Un chant effondré de ravins
Une continuité de failles qui recèle les mots et les gestes perdus.

Puis s’arrêter ici pour dire au monde qu’on l’aime
Et mourir sous les arbres.




Nadine Meyran
3 mai 2011

1 commentaire:

Noëlle Combet a dit…

C'est pour moi un texte somptueux et profond...et comme une émanation de ce qui est entre les lignes de nos conversations et de nos vies.
Merci.
N.