dimanche 19 juin 2011

D'un champ unifié


Dos contre terre,
j’avais les cheveux verts
et les mains bleues
ongles de nuages nacrés.

Je sentis le soleil dans mes paumes ouvertes
et vis mon corps en suspens inversé.

Dos contre ciel,
j’avais les cheveux bleus
et les mains vertes
ongles d’écorce brune

Ce jour-là, je fus morte et vivante.
 noco

4 commentaires:

nadine meyran a dit…

Et vous étiez le germe enclos. C'est un très beau poème, si juste.

Noëlle Combet a dit…

Le commentaire de Nadine évoque pour moi l'histoire de Svetaketu parti étudier au loin et revenu plein d'orgueil.
Son père lui demanda d'aller cueillir une figue du figuier banian, de l'ouvrir et de lui dire ce qu'il voyait à l'intérieur.
-Des graines, répondit Svetaketu.
Alors son père lui demanda à nouveau d'ouvrir la graine et de dire ce qu'il y voyait.
-Rien,répondit Svetaketu.
Alors son père lui dit:
-De ce qui ne représente rien pour toi, de ce rien, est né ce puissant figuier banian.
Ce rien est la suprême réalité, c'est toi, Svetaketu.

Rien, c'est "le germe enclos"

Hécate a dit…

Très belle évocation de la vie ,elle germe et la mort est déjà au monde .
Bien à vous
Hécate

Noëlle Combet a dit…

C'est vrai, Hécate. D'un rien, l'autre et le vivant comme un écheveau d'invisibles rubans intriqués conduisant les énergies dans une interconnexion de ces deux riens dont naissent nos souffrances, nos cris, nos chants, nos doutes et nos joies.
Merci pour votre éclairage.
Noëlle