vendredi 13 avril 2012

Carossitrouille...Et puis...



Oh Rossinante !
Ma vieille cavale de bataille,
 poussif et piétinant canasson
de mes élans d’illusion !
Projette-moi encore
sur les ailes des moulins,
au centre du vent !
Emporte-moi encore
vers des amours en guenilles,
dulcinéens !
Raconte-moi encore
dans les nuages ou dans les nuits
que l’horreur et l’effroi des grands chemins,
des grandes villes,
pourraient être détroussés !
Sur  tes épaules,
colle  des ailes  d’alezane
et décollons,
caracolons 
 jusqu’aux abords du soleil
pour que je vive jusqu’à ma mort.



Et puis


L’inoubliable a fondu
en larmes bleues…
L’évitement du myosotis
aurait tracé au centre de mes yeux
un cercle aveugle
et dans les sons
la surdité…
Mais……

noco

6 commentaires:

gertrude a dit…

Cela vaut la peine d'être pour un soir Cendrillon et de vivre le conte de fée pour voir se dérouler la folle métamorphose du rêve. Qui n'a point cassé sa pantoufle de vair sur l'escalier des illusions...

Vincent Lefèvre a dit…

Le même âge 

J’ai le même âge que Don Quichotte au début de ses aventures, exactement,
j’ai le même âge et j’aime le monde pareillement,
rien ne me manque.
Peut-être me faudrait-il un écuyer, mais ça ne fait rien,
je partirai seul dans ce voyage.
J’ai le même âge et la même nécessité de croire,
rien ne me manque.
Peut-être Rossinante me fera-t-elle défaut,
mais ça ne fait rien, j'irai à pied.
Et peut-être n'aurai-je pas non plus des moulins à vent,
mais ça ne fait rien, je les inventerai s'il le faut.
J’ai l’âge de Don Quichotte et le chemin m’attend,
et sauf un écuyer, sauf Rossinante et des moulins à vent,
rien ne me manque.
Mais oui, moi, je suis né après Descartes.

Octavian Paler, traduit du roumain par Vincent Lefèvre et Ivona Panaït, droits réservés.

Noëlle Combet a dit…

Oh, Vincent! Vraiment, on ne pouvait faire plus à propos...Un grand merci pour la traduction de ce texte que je découvre et pour sa mise en vis à vis du mien.

gertrude a dit…

J'étais persuadée avoir posté un commentaire, il y a quelques jours, mais l'informatique a bon dos pour peut-être justifier les bugs de mon vieux crâne vide!
Ce n'était pas grand chose, juste un petit délire sur les métamorphoses des cas rosses et du vair... Normal que cela soit voué au vide...
Vos poèmes sont toujours très beaux, chère Noëlle.

Noëlle Combet a dit…

Merci Gertrude...Oui, le dos de l'informatique est aussi raide et rosse que celui de ma cavale...car j'ai publié deux commentaires de vous et n'en trouve plus qu'un ici.
Je vais partir en quête du second comme Cendrillon cherchant éperdument sa mule!!

Noëlle Combet a dit…

Je l'ai retrouvé : il a voulu, devenu cheval de tête, prendre la première place des commentaires!
Merci pour vos visites et vos lectures...En ce moment je suis un peu paresseuse ou du moins paisiblement vacante, mais je vais bientôt retourner vous voir.