jeudi 17 mai 2012

Un ministère de l'Education nationale sponsorisé par Kant


Invité ce matin par France Inter, Vincent Peillon, associant dans une même phrase le ciel étoilé et la loi faisait clairement allusion à Kant et à sa célèbre déclaration : « Deux choses me remplissent le cœur d’une admiration et d’une vénération, toujours nouvelles et toujours croissantes, à mesure que la réflexion s’y attache et s’y applique : le ciel étoilé au-dessus de moi et la loi morale en moi ».
Cela nous intéresse car l’on sait que lorsqu’au XVIIIème siècle, les théories d’Adam Smith inauguraient le libéralisme, Kant s’était démarqué de ce courant de pensée et  de son prolongement dans l’économie : 
1764 : Adam Smith : « Tout a un prix » (une valeur d'échange)
1785: Emmanuel Kant : « Tout a ou bien un prix ou bien une dignité. On peut remplacer ce qui a un prix par son équivalent; en revanche, ce qui n'a pas de prix, et donc pas d'équivalent, c'est ce qui possède une dignité ».
Un ministre de l’Education philosophe kantien et un premier ministre germaniste : voilà que la culture associée à une dignité des valeurs qui devrait être le bien commun de l’humanité  fait enfin retour.
N’oublions pas pour autant la nécessité de lignes obliques et transversales pour aborder la réalité en aérant la compacité et la verticalité ; alors, faisons le pari que le choix de la diversité et de la parité qui en est une forme, introduira du chatoiement, de la fantaisie et des nuances au sein de ces valeurs et de cette culture qui viennent ces jours-ci au-devant de nous.
Et en attendant, laissons-nous aller à cet étanchement d’une soif qui ne nous quittait plus ces dernières années tant le désert gagnait le tissu social ; et buvons à longs traits la coupe du changement...tout en sachant bien que rien ne saurait être miraculeux et que la vigilance reste de mise.
 N.C

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