lundi 1 octobre 2012

J'irai


Oui,  sur ce sentier kiffant la lumière vive, j’irai...

L’ombre grave et sage me suit
dont parfois je me remparde ou m’attriste.

Il arrive qu’elle me  rattrape

A nouveau …
j’échappe…

Je la devance et vais sur ce chemin d’écart ,

J’ai remis ma robe d’été,
celle-là, dont les plis sont de rêves et rimes
bien drapés sur mes cuisses,
j’ai arraché ce loup qui me fermait les yeux
me dévorant
dans la forêt..

Je m’en vais et reviens d' entre mes solitudes,
vêtue de ma jeunesse,
flottant au gré du temps,
pensive...
au milieu des derniers moments…

noco


13 commentaires:

Vincent Lefèvre a dit…

Bonjour Noëlle. Il est urgent (pourquoi urgent ?) que vous publiiez votre poésie. Son absence est un manque (la raison de l'urgence ?) Cordialement.

Noëlle Combet a dit…

Un grand merci, Vincent!Je savoure avec bonheur "L'encre serait de l'ombre" que vous m'aviez conseillé...
Chaleureusement.
Noëlle

edurtreG a dit…

Plus nous avançons, plus nous sommes chaperons sur le sentier kiffant("sentier kiffant", j'en adore le son!)
Bottons donc l'ombre et le loup croquant, car nous n'y croirons plus!

Vincent a raison, vous devriez publier, mais c'est si vain... :)

Noëlle Combet a dit…

Gertrude, merci pour le "c'est si vain". J'ai parfois hésité à publier, Vincent le sait... Mais dorénavant, je préfère regarder sereinement couler le fleuve de mes années et, en poésie simplement m'effeuiller.

edurtreG a dit…

Il n'y a pas d'âge pour publier ou exposer, chère Noëlle, et vos très belles poésies méritent mille fois de l'être et bien plus que certaines. Mais je crois, et je le prend complètement à mon compte, que montrer son travail relève un peu du fantasme, un peu comme enseigner, et quoique l'on fasse, on se retrouve seul face à l'inéluctable du temps; quelle drôle d'idée que celle de vouloir laisser derrière soi quelque chose de durable. C'est pour cela que j'adore Internet: c'est délicieusement volatile, décevant, éphémère, périssable et tout compte fait conforme à la réalité.
Et, Noëlle, en ces couloirs virtuels (et kiffants) pleins de courants d'air et d'intelligence, j'adore venir vous lire.

Noëlle Combet a dit…

Ce n'est pas vraiment une question d'âge...mais si quand même car j'aime, en ce temps de ma vie me laisser aller à flâner en marge de toute contrainte sociale, rencontrer la grande liberté et aussi, oui, sentir qu'avec internet, l'on peut "poubellifier" en même temps qu'on publie...échapper à soi-même en quelque sorte et donc s'oublier (!)pour profiter de la "vacance" et des "courants d'air" que vous évoquez.
Merci pour ces échanges, Gertrude.

Vincent Lefèvre a dit…

La 'durabilité' du texte, on s'en tape comme de l'an 40. Un texte n'a de temps propre que l'espace-temps de sa lecture - cf. Edmond Jabès : toute lecture est une écriture -... et Homère (d)alors existe toujours à travers toutes ses (re)lectures-(ré)écritures. On n'écrit pas pour un futur potentiel mais dans/pour un présent in(dé)finiment en suspend. Au lecteur de décrocher la balle... Internet permet ce 'suspend' d'un présent réellement en 'suspens'. Pas d'avenir : un présent qui n'en finit pas... comme la question de la mort... du texte..

Noëlle Combet a dit…

J'aime beaucoup votre idée, Vincent.Oui, un texte non publié s'inscrit dans l'éternité d'un présent qui n'en finit pas plus que celui de la mort...Et chaque mot écrit, chaque phrase, s'échappe en l'instant même, inscrivant dans son sillage, son propre vide, vide en écho à celui, existentiel,de qui a tracé ce mot, cette phrase...Alors, place est faite pour le présent "en suspens" que vous évoquez. Et c'est vrai qu'au moment d'une lecture-écriture, le même effet a lieu pour chaque lecteur. C'est toujours l'éclair d'une évanescence, qui est aussi, pour chacun, naissance à soi.

Noëlle Combet a dit…

J'aime beaucoup votre idée, Vincent.Oui, un texte non publié s'inscrit dans l'éternité d'un présent qui n'en finit pas plus que celui de la mort...Et chaque mot écrit, chaque phrase, s'échappe en l'instant même, dessinant dans son sillage, son propre vide, vide en écho à celui, existentiel,de qui a tracé ce mot, cette phrase...Alors, place est faite pour le présent "suspendu", "en suspens" que vous évoquez. Et c'est vrai qu'au moment d'une lecture-écriture, le même effet a lieu pour chaque lecteur. C'est toujours l'éclair d'une évanescence, qui est aussi, pour chacun, (re)naissance à soi.

Vincent Lefèvre a dit…

... Et ne croyez pas que mon 'Homère (d)alors...' est tout à fait gratuit - n'est-ce pas Gertrude ! -, en effet, c'est ce que je m'exclame à chaque (re)lecture de la belle traduction de Leconte de l'Isle - je sais, il en est de plus modernes, de plus universitairement justifiables -, mais on finit par tenir à ses orgastiques moments de lecture... et ce plaisir là aussi est dans la répétition... et l'abolition de toute distance. 'Petit bonheur !', comme j'aime à (me) répéter.

Noëlle Combet a dit…

Je me suis réjouie de voir ici ce "petit bonheur" faire lien entre Homère et Félix Leclerc...Quant à Homère et aux moments de lecture orgastique la "transduction" de l'"Iliade" par Alessandro Baricco fut pour moi un pur bonheur.

Hécate a dit…

La solitude est plurielle...

Noëlle Combet a dit…

C'est vrai Hécate...Et, plurielle,elle peut avoir ses agréments...à une virgule près,comme je me le dis parfois, c'est selon: "Je suis bien seule"...oui...mais "je suis bien, seule"
Merci d'avoir inscrit ici cette universalité de la solitude dans le destin commun des hommes si peu seuls d'être, tous, seuls.