dimanche 25 novembre 2012

Echappée jaune




Quels mots pour dire en jaune la lumière de ce parterre ? Chrysanthèmes à petite tête, contraste d’absolu dans la demi-saison...Un pigeon passe, se dandinant sur la terre de l’allée... ses reflets gris mauve font miroiter l’instant, me détournent à peine des fleurs qui font échec au dire.
Les mots-lumière ne viennent pas...Les oiseaux savent : leur cris sont jaunes...Jaune des fleurs et des cris d’oiseaux...Indiscutable...Il a ce goût du vivre... miel et citron...sauvage... plus fort que tout...une effraction... aveugle ...même  au cœur des désastres...
Les pétales aigus des chrysanthèmes répondent aux élans du vent, clignent, presque en transparence, comme paupières au soleil...Je les prends dans mon regard, m’abandonne au leur...Je ne sais plus...D’ambre claire se fait le buissonnant silence, où je me laisse glisser.
noco

4 commentaires:

edurtreG a dit…

J'ai le sentiment d'avoir fait un voyage au soleil de Van Gogh ou dormi d'un sommeil de septembre dans une meule dorée des foins de Monet.
Merci.

Hécate a dit…

L'ambre de l'automne s'en va...
Amicales pensées.

Noëlle Combet a dit…

Oui, les peintres ont un matériau plus consistant que les mots pour dire... eux aussi en toute incertitude, mais dans une réussite indiscutable en ce qui concerne Van Gogh et Monet.
Je crois,d'autre part,que "le petit pan de mur jaune" n'a pas été pour rien dans la capture de mon regard par ces fleurs ce matin-là...Les jardiniers, le lendemain, ont défait le parterre et je leur ai mendié un bouquet qui m'a accompagnée quelques jours, faisant trace de ce moment fugitif où j'avais tenté de rencontrer les chrysanthèmes en poésie...A bientôt.

Noëlle Combet a dit…

Votre message, Hécate, dit bien le "passage", ce point où, dans l'instant, l'impression se cristallise en mots qui fondent ensuite "quelque part dans l'inachevé".
Amicales pensées en retour.