vendredi 25 janvier 2013

A pleines mains, à pleine bouche...la terre.




« Cueillir la terre » Noëlle Combet
« Le balancier et le temps » Tarek Essaker



Cueillir la terre


Cueillir la terre, dit-il, l’effleurer,  la goûter,  la pétrir...la sculpter,  racines au bout des doigts...
l’arbre tutoie mon rêve-oiseau... Etreindre l’étendue, herbes et nuages mêlés...Attendre...
Un jour, la terre me cueillera.
Fouler la terre ;
 il dit : elle nous vendangera et l’enfant va résolument son chemin...
Son père était un grand arbre.

L’humanité fourmille... Les villes mosaïques dansent voluptueusement,
monstrueusement,
piétinant ce sol
où germent, vivent et se taisent
nos déshistoires.
N.C.



 De plus en plus tard, l’abîme nous reconduit au point de départ vers une nudité seconde mais sans le soleil parce que nous aurons creusé longtemps vers le bas des taillis sans nous rendre compte que c'était peut-être assez futile et combien même on se redresse et combien même on recommence, fossilisé... Nous mendierons à l’horizon une trêve pour nous épargner cette douloureuse rage, cette illisibilité lasse, cette courbe... brusque arrachement... comme un froid de la terre retournée, comme le tremblement d'un air éparpillé jusqu'à l'infini... sur la trace d'un papillon dans l'élargissement de la nuit.

Alors jusqu'au fond de nous, la terre unanime, comment nous remplira-t-elle? Comment nous brûlera-t-elle? Cette terre... trace qui nous scande,  glaise qui travaille ses saveurs, la parole et ses senteurs, à la lumière de ce qui, un jour nous arrachera aux trombes des délicieuses effractions et des forces inépuisables de vivre ou de mourir...
T.E.

2 commentaires:

edurtreG a dit…

Magnifique rencontre scellée à la glaise entre terramour et terramort.

Noëlle Combet a dit…

Ce partage d'émotion comme par ces mots, terramour, terramort qui sont indiciblement, chacun et mêlés, musique et poème...
Et par ces chiffres...miens par coïncidence(!!) 19 38, 1938, l'année du tigre!!
Merci.