samedi 25 mai 2013

Coriandre



Les mots-poissons-volants ont quitté à tire d’ailes et nageoires,

l’espace où se déploie l’ombrelle des méduses

et celle de la jeune fille sage qui marche à pas comptés

scandant le temps, le long de la grève

ombrée de rêveuse mélancolie.



Ils tournent longuement en spirales de sens

et de non sens,

s’acharnent à briser l’idiotie de l’idiome qui voudrait qu’un chat en soit un...

fouettent de leur queue le verbe, en fracassent l’écorce,

font exploser le noyau d’où échappe...

un suc  de velours velouté,

là où sont et ne sont pas les chats.



Les voilà qui descendent vers la tasse de café

encore chaude et marquée de mes lèvres gourmandes...

Ils se déposent à côté, sur le bouquet naïf,

coriandre à bientôt ciseler.

S’en exhale...une senteur d’un vert unique, affolant, étourdissant, évanouissant....

Elle me gagne à l’instant et suffit à ma joie,

cet instant même où je reconnais l’étendue de ma perte.



noco

2 commentaires:

Vincent Lefèvre a dit…

Coriandre ! … Du nom même, "s’en exhale… une senteur d’un vert unique, affolant, étourdissant, évanouissant…"

Bon dimanche à vous, Noëlle.

Noëlle Combet a dit…

Oui et aussi, de ce nom, se déroule peut-être, aussi, un fil à suivre dans un labyrinthe. De la simplicité des choses et de la complexité des mots qui les nomment...sans oublier les associations que nous soufflent ici les sons.
Merci Vincent et bon dimanche à vous aussi.