lundi 5 août 2013

De Chester? De Schrödinger? D'ailleurs? Un crapaud...



Presque quotidiennement, nous trouvons, le matin, à l’angle de la terrasse, la marque de passage nocturne du crapaud et, presque quotidiennement, matinalement, nous protestons : oser ainsi souiller nos carreaux amoureusement entretenus !! Il faut encore s’emparer du balai puis de la serpillère…Saturation de la répétition ! Que le diable emporte le crapaud !

Mais qu’un matin la crotte noire en forme de limace vienne à manquer et nous voilà soucieux comme deux parents au chevet d’un nouveau-né souffrant. Inquiétude...  Qu’est-il donc arrivé au crapaud ?  Et y a-t-il seulement un crapaud ? Nous en avons bien vu un, palpitant sous une pierre, il y a environ deux ans ; nous entendions aussi son croassement sourd et mélancolique, certains soirs. Nous avons inventé, étant donné que les crapauds ont une longévité de trente cinq ans, que c’était encore lui qui nous adressait aujourd’hui ce signe facétieux, calligraphiant ainsi notre mémoire... Mais nous ignorions de quels accidents ou prédateurs un crapaud peut être victime. Était-ce bien lui, un autre, aucun ? N’était-ce qu’une fugace apparition de cet animal chtonien, mythique, censé apporter la prospérité ou avoir avalé la lune lors d’une éclipse ?

Il y a quelques jours que la terrasse reste lisse. Nous attendons, désormais soucieux, le matin suivant qui nous apportera peut-être la certitude que le crapaud survit, invisible, dans les parages quand nous nous précipiterons vers une évidence ou absence de trace.



N.C.

7 commentaires:

Vincent Lefèvre a dit…

Dans la maison d'enfance, un crapaud gardait la cave, la seconde, la plus enfouie, celle des vignerons des siècles d'antan ; de temps en temps, il gravissait péniblement l'escalier pour venir respirer l'air frais de la nuit. Le crapaud a disparu, la cave n'est plus gardée.

Noëlle Combet a dit…

Voilà! C'est donc bien le crapaud de partout et toujours, de nulle part et jamais...qui dissémine sa protection... Le nôtre, n'étant toujours pas réapparu, nous impose l'autonomie.

Noëlle Combet a dit…

De ces coïncidences qui m'épateront toujours : j'ai trouvé cet après-midi un minuscule crapaud qui avait élu domicile à l'intérieur de chez nous, à l'angle obscur d'une porte...Mais il est bien trop petit pour être celui qui inscrivait quotidiennement la signature de son passage...Il n'empêche; les maisons sont à nouveau gardées!!

edurtreG a dit…

L'âme d'une maison se nourrit parfois plus des déjections de ses petites divinités domestiques que des effluves javellisées de Monsieur Propre.

Noëlle Combet a dit…

C'est bien vrai; par bonheur, le crapaud disparu s'est re-signalé et je suis résolue à ne plus le maudire, jamais...Tant pis pour Monsieur et/ou Madame Propre(s)

edurtreG a dit…

J'en suis bien heureuse car je trouve les crapauds, qui ont souvent mauvaise presse, émouvants avec leurs pustules et leurs airs un peu souffrants.
Ils ont vraiment besoin d'une petite place à l'abri du monde et des idéaux humains aseptisés.

Noëlle Combet a dit…

La première fois que j'ai rencontré un crapaud, dans l'enfance, c'est mon grand-père qui me l'avait signalé; il s'agissait en fait d'une crapaude avec un crapaudin sur le dos. J'en suis restée fascinée et j'ai encore l'image en moi, de cette masse verte et de ces yeux dorés sur fond de nuit.