dimanche 23 février 2014

Infusion



Tandis que j’infusais longuement dans une tasse de thé vert, m’y laissant doucement flotter, je vis se former, à la surface, un paysage ami et un visage lointain. Le pli d’une feuille retenait le temps
Glissant sur l’eau vague,
 mémoire sans pilote...
traversait des étés lumineux, d’autres ravageurs ;
Un bruit de galoches résonnait sur les sentiers. Dans son tablier, une grand-mère aux cheveux tout blancs retenait les œufs qu’elle venait de « lever » disait-elle. Toute la splendeur du monde est là....La fillette en oublie ces garçons l’attendant à la sortie de l’école et tirant rudement ses nattes. Pour se dégager, elle a dû se battre, a perdu son mouchoir, mais a mis, jouant des poings, ses assaillants en déroute.
La guerre a pris fin. Dans la paix revenue, les ciels font une ronde de rien avec les nuages.
Pourquoi faut-il les images soudain ressurgies pour que nous ressentions la vérité des choses aimées dans lesquelles nous sommes passés et qui passent et repassent en nous, fusant,  infusant ? Notre vie s’y ramasse dans le secret de sa propre antériorité. Il était une fois ...Et chaque fois, il était une fois... qui revient et qui s’en va... Il en est ainsi. Ne pas vouloir en être consolé...Juste s’attarder un instant dans la lumière de ce demi-jour...
noco

2 commentaires:

Hécate a dit…

Bonjour Noëlle ,un beau texte sur la mémoire des choses passées. Le temps infuse nous souvenirs,et des images fusent tout à coup ...

Noëlle Combet a dit…

Quel plaisir,chère Hécate, de vous retrouver là! Mémoire, oui...Vous en avez écrit quelque chose avec ce texte sur "Only lovers"...J'ai aperçu ce titre concernant un film que j'ai beaucoup apprécié. Je n'ai pas encore lu votre texte : je me bats actuellement avec un changement d'ordinateur et de système. Je n'ai pu encore replacer "Le fil d'Archal" dans ma liste de lecture. Mais j'irai chez vous par Google. A bientôt.