dimanche 11 mai 2014

Tant l'as aimé




Tant l’as aimé, ce pays, qu’en es revenue comme on revient de loin, par nécessité... d’un voyage extrême...Tu avais migré, émigré t’inventant un nid dans la canopée d’arbres arbitraires... Immigrée bancale, tu te reconduisis en solitaire à la frontière de ce pays-là...
te faisant à toi-même loi de t’expulser : ce n’était pas là qu’étaient tes papiers
Tu les as retrouvés tout froissés,chiffons mouillés d’un chagrin allant s’effeuillant...

tandis que sur les fils, les hirondelles lissent leurs plumes assoiffées de pluie, taches ardoisées contre ciel grisé

Loin des paysages quittés, qui se souviennent  de toi, tant fut puissant et violent l’accord,  l’impossible fuite du soleil couchant t’achemine vers des contrées encore ignorées qui te feront ombre de dissémination... dans une liberté sans horizon...tandis qu’ici, l’enfant continuera à chanter, à jouer malicieusement, à boire avidement la coupe de vie ...dans le fleurissement profond des jacinthes...et dans la capture de leur parfum...

quand les hirondelles auront quitté les fils... seront revenues....auront quitté...
noco

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