samedi 7 février 2015

L'ancienne Olivetti



Fin d’après-midi ; une lumière blonde s’attarde à caresser l’ancienne Olivetti, clavier édenté, sourire tendre et troué.
Les touches manquantes écartent à deux mains le rideau des mots dont se voilent des rêves de papier, bateaux échoués des chimères.
Les pas suspendent le crissement des feuilles.
Un lézard s’est effacé dans les intermittences du mur.
Soudain un oiseau ! Son cri abasourdit la brume.
La cosse reste en défaut de quelques petits pois, et la nuit
se tait
absentée d’étoiles.
nc

3 commentaires:

Luc a dit…

Une anagogie pour une vieille et fatiguée machine à écrire à laquelle vous attachez une affection particulière?
De toutes les façons, l'écriture est légère et emporte, mystique!
Merci.
Luc

VincentSteven a dit…

Dans l'anthologie classique de cette poésie-là, les auteurs se nommaient : Adler, Olivetti, Underwood… Aucun des modernes, aux accents d'Apple ou de Windows…, ne sera comme eux faire claquer à notre oreille… tac, tac, tac… le rythme de leurs cadences surannées… Ô temps révolus !

Noëlle Combet a dit…

L'interprétation est aussi une écriture; merci donc pour ces commentaires qui élargissent ces quelques lignes vers les horizons de la mystique et de la nostalgie.