dimanche 15 mars 2015

Ouï-dire





La tasse...l'anse me prête l'oreille.
Je lui chuchote à mi voix ce qui s'imprime dans le café mousseux, mi noir, mi lumineux sous le reflet de la fenêtre.
Les formes apparaissent, disparaissent, se dissolvent l'une en l'autre au croisement de leurs intersignes.
Je murmure : paroi blanche trouée de noir
cette silhouette indécise dans une neige grise, un cygne ambré?
Oiseaux sombres, dans un vol replié, immobiles, calligraphiés sur un mur vert de gris.
Un nuage floconneux a accroché un point d'interrogation.
Le liquide brun baigne ma gorge de sa chaleur, me déploie dans un champ rayé : le son des mots fait écho, me traverse, se décline en couleurs : châtaigne, ocre, roux, jaune, vert.
J'atteins le fond de la tasse.
Je la repose et j'écoute longtemps ce ouï-dire qui s'est tu.

nc

 

4 commentaires:

Luc a dit…

Ce poème m'est très curieux, original et délicieux, j'en reprendrais bien une tasse.

r.t a dit…

Très beau et très doux, merci.
Et, tout autre chose, je pense que vous connaissez aussi cette petite merveille : http://www.musicme.com/#/Helene-Martin/albums/Poetes-&-Chansons---Lucienne-Desnoues-3700368450543.html

Noëlle Combet a dit…

Merci pour le lien que je ne connaissais pas...Je me suis sentie en affinité avec "bol de café"§

Noëlle Combet a dit…

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