lundi 28 septembre 2015

Papillon en automne



Mes pensées m’échappent, sautent, cabriolent en tous sens, chevrettes dans un champ herbu, prétendant satisfaire en  automne, des exigences d’avril. Ce bouquet, tout proche, les anime de couleurs saturées et de parfums poivrés au bord de leur évanouissement

La page, immobile, calme les gambades et m’ouvre sa candeur, douce comme la paume de l’enfant au  regard naïvement confiant, limpidité sans rides d’un lac s’étendant à l’infini de lui, à l’infini de moi.

Du mouvement de mes lèvres, s’esquisse l’esquive d’un papillon.

nc

4 commentaires:

r.t a dit…

En vérité, la chèvre de Monsieur Seguin a gagné la partie, je crois que c'est ce que vous voulez nous dire et je vous suis sans hésiter ! (Le vieux Daudet n'aurait d'ailleurs pas autant jubilé s'il ne l'avait su lui aussi, qui aimait juste faire peur aux enfants, pour leur donner plaisir et conjurer le sort.)
Comme elles sont libérées et joueuses, vos paroles-émotion ! Et leur philosophie est probante aussi, car si nos pensées sont des chevrettes, des papillons, de l'eau, de la lumière, des enfants, alors elles signent et garantissent notre appartenance au monde...

Noëlle Combet a dit…

Oui, nous avons ces chèvres en commun et je suis chaque fois émue par votre écho, à ma pensée, à mon écriture,ici et sur facebook où je me sens à l'aise, principalement grâce à ces échanges avec vous...Écriture/exorcisme, ce que Daudet n'était pas sans savoir, comme vous l'évoquez...Et j'ai aimé, j'aime cette chèvre, assurément, que j'avais décrite dans un texte ancien, en train d'encorner le loup!!

Luc a dit…

Mais oui, Noëlle, ces belles journées d'automne sont printanières ! Profitez, profitons !

Noëlle Combet a dit…

Merci Luc, pour cette belle exhortation. Contente de vous revoir ici...ça faisait longtemps!