jeudi 11 février 2016

Pica pica



Il y eut une pie, ce matin-là, sur le petit toit au-dessous de la fenêtre, d’où,

buvant paresseusement mon café,  je la voyais évoluer

élégamment, dans sa robe jour et nuit,

sur les tuiles ondulées, allant de l’une à l’autre,

par petits sauts, en direction du faîte où elle se posa longuement,

me tournant le dos, rêveuse ;

puis se retournant, elle m’offrit un profil stylé et se dirigea tout au bout,

cimaise de chair…et s’envola tandis que je la suivais en pensée

et bientôt la rêvais : égarerait-elle les lettre écrites sur le ciel 

entre les nuages ?

Laisserait-elle s’envoler, jasant  dans un battement d’ailes,

noir sur blanc, les mots, superflus quand les silences

en ont dit bien plus long ?

Le ciel rougeoyant éclairait mon rêve.

Rideau de grise mousseline troué de rose brume,

un ample vol d’étourneaux s’interposa entre vent et nuées.

nc

4 commentaires:

Luc a dit…

Cette Pica pica , pourtant si bavarde d'ordinaire, vous inspire une jolie rêverie.
L'oiseau nous intrigue, peut-être envions-nous sa liberté !.

r.t a dit…

Beau dialogue, où l'une a le privilège du silence, du déploiement dans l'espace, de la grâce, où l'une décide et tout s'accorde, et l'autre, retranchée dans la caverne des mots, déploie son droit de réponse à l'infini, à sa façon lui tourne le dos, lui lâche une volée de chanson, de cinéma, de poésie.

Noëlle Combet a dit…

Merci René... C'est ça:entre silence et mots, l'une et l'autre, chacune en manque de l'un (silence) ou de l'autre (mots)...mais pour toutes les deux, à disposition, les sons et l'infini.

Noëlle Combet a dit…

Merci Luc...Sans doute la liberté de l'oiseau est-elle, comme souvent celle des mots, d'échapper à notre prise quand se déploie, à l'infini, un vol énigmatique