dimanche 17 avril 2016

L'esquive



La glycine
se déclare
en lettres odorantes
saveur s’ évanouissant
glissant le long des fils
d’images suspendues…
Se trace l’ellipse mauve
d’une réalité impalpable.
Les rêves font cercles
autour d’une absence…
senteur de glycine…
comment retracer
ton esquive ?
nc

lundi 4 avril 2016

Tout proche, un crapaud bavarde



Cette nuit-là, en rêve,  je grelottais sous la grêle de grondantes nuées ténébreuses. Dans ce  désespoir, ce sentiment de perdition que provoquent les cauchemars, je repris conscience un instant, me semble-t-il et, dans un obscur demi-sommeil appelai à moi  le vieux chêne. Il se matérialisa dans la tempête qui redoublait de violence et je le reconnus : il m’était familier ; ses trois siècles d’âge avaient façonné un tronc inébranlable et sa feuillure bougeait à peine sous l’orage.  Dans l’anfractuosité qui séparait deux branches maîtresses, je me laissai glisser, sentis  la rugosité de son écorce intérieure gainer mon corps au passage. J’atteignis ses racines, voilées d’une sorte de brume blanche,  m’y installai et, là où elles avaient la forme d’un hamac, me pelotonnai. Je ne sais combien de temps y dura mon séjour, sans doute plusieurs nuits, peut-être plusieurs siècles.




Au réveil, un poids s’était allégé. Je repris mon chemin de vie qui s’étirait entre un ciel long et bleu et une herbe d’un vert assourdi. J’avais quitté le désespoir prétentieux, celui de mes défaites et des désastres du monde. Que vienne à se dérober l’écriture, alors j’écrirais en moi au rythme de mes pas martelant le sol. J’évoquai des êtres chers, bouquet d’absences et présences mêlées. Je sais ce que mes autres représentent pour moi, mais, dans le côtoiement de nos existences, je ne puis qu’imaginer ce que je représente pour eux ; je ne peux le savoir.
J’y renonce et je vais.

Tout proche, un crapaud bavarde à mes côtés.
nc

samedi 2 avril 2016