dimanche 12 juin 2016

Au ciel du mur



 Écho à une photo de r.t.

Le mur ocré de la maison,
poudré de touches blanches par les années
offrait matière
à l’humeur du ciel,
selon la pluie
ou le soleil,
s’ombrant, s’éclaircissant, se délavant ;
 puis, se fardant de rose poudré
et terre de Sienne ;
trame tissée de bruns pastel
invitant au fantasme,
il se déclinait en formes multiples,
en nuées blanches où pouvaient divaguer
les rêves,
en flots nacrés où plongeaient des pensées
poissonneuses ;
le soir, s’adoucissant, il se proposait à
l’ensommeillement
et  une porte s’entrouvrait
chavirant
sur la vie intérieure
bruissante d’un murmure
d’abeilles buissonneuses
nc

2 commentaires:

r.t a dit…

Cela est très beau. Ça ressemble à la contemplation même, celle qui peut voir l'univers entier dans ce qu'elle a devant soi. Et c'est si profond, si intime qu'on y trouve l'expérience enfantine du monde encore clos dans l'enceinte d'un mur d'images incompréhensible, sécurisant. Et c'est aussi vaste que la rêverie bachelardienne, qui trouve à sa portée tous les éléments de la nature et toutes les expériences de l'empathie matérielle. De plus, je retrouve un mur que je connais, celui qui dit à tout passant le temps qu'il fait.

Noëlle Combet a dit…

Merci, René,d'avoir si bien ressenti ce que je tentais d'exprimer.Ce mur météorologique que vous connaissez, celui, je pense dont vous aviez fait une photo est celui dont la représentation m'a inspiré ces lignes...C'est votre mur "inspirateur". S'il fait chez vous aussi gris qu'ici, le MUR doit annoncer la pluie. Bonne journée.